1845- 1905
« La Mission des Jeunes de l'East End »
œuvre parmi les enfants des rues de Londres
Ressources principales
J. WESLEY BREADY, La Vie et l'œuvre du Docteur Barnardo (4 juillet 1845 - 19 Septembre 1905), (Traduit de l'Anglais), Dieulefit (Drôme), Nouvelle société d’éditions de Toulouse, 1939. (les réfenrences que nous précisons sont tiré de l'ouvrage en langue anglaise)J. WESLEY BREADY, Doctor Barnardo, physician, Pioneer, Prophet, Londres, G Allen & Uniwin LTD, 1930/31, 271p.
Barnardo. - Jourdan, D , Le Dr Barnardo Et Son Œuvre, in-8°. brochure originale illustrée, Paris - Neuchâtel, Attinger, 1915, 189 p
Site retraçant l’histoire de l’œuvre de 1876 à 1986, dont plusieurs illustrations sont tirées
Thomas John Barnardo 1845 - 1905 Philanthropist,
Site de l’œuvre actuelle
Sommaire
1. Thomas Barnardo : sa personne
1.1. Résumé
Thomas Barnardo
Mariage de Barnardo
Famille
Brève chronologie
1.2. Le jeune Thomas Barnardo
Ses « ancêtres »
L’enfance de Thomas
La foi de Thomas Barnardo : de l’agnosticisme à Christ
Les débuts de la vie chrétienne
2. Thomas Barnardo : Appel, formation et ministère précisé (1886-1867)
2.1. Appel et formation de Barnardo
Rencontre avec Hudson Taylor à Dublin
Formation missionnaire à Londres
Arrivée à Londres et engagement auprès des enfants
Engagement comme prédicateur de rue
Engagement comme colporteur
Formation médicale et l’épidémie de choléra en 1866
2.2. La Découverte des enfants des rues à Londres
L’époque victorienne
Jim Jarvis à la « Donkey Shed Ragged School »
2.3. Les éléments décisifs de la vocation de Barnardo
Une « réunion missionnaire » improvisée
Le repas chez Lord Shaftesbury
3. Thomas Barnardo et son œuvre auprès des enfants des rues (1867-1905)
3.1. Les premiers pas de l’œuvre
Présentation du projet de Mission parmi les jeunes des taudis de l’est londonien
Moyens de communication avec les chrétiens de Londres
Public cible
Inauguration : grand thé offert
Les dimanches après-midi : réunions régulières
Premières initiatives
Premières clarifications
Ouverture des « Assembly Rooms »
Le 5 novembre 1867 : le thé inaugural rassemble 2 347 convives
Les réunions dominicales pendant 6 mois
Évaluation
3.2. La reprise plus modeste et l’affermissement de l’œuvre
La période tampon
La Mission des Jeunes de l’East End ; le 2 mars 1868
3.3. Le développement de l’œuvre
Mission à Hope Place, une « chrysalide » prette à éclater
Premiers émigrés volontaires au Canada
Premier « home » pour jeunes garçons
Le principe de l’internat
Le public cible
L’aménagement des lieux
Ouverture du home : septembre 1870
Vie quotidienne au home
Développement et organisation de l’œuvre
Recettes
Organisation
Un principe : Ne pas refuser d’enfants
Objectifs, moyens et principes de Barnardo :
Les objectifs :
Les moyens :
Les principes
Enquêtes sur les causes de la pauvreté
L’alcoolisme cause principal de la pauvreté
Réactions directes à l’enquête :
Conséquences inattendues : achat et transformation du Gin Palace en Café Palace
Village pour filles (première pierre posée le 9 juin 1876)
Accueil des enfants handicapés
Accueil des bébés
Formation professionnelle : école technique et école navale
L’école technique de William Baker (1922)
L’école Navale Watts Naval School (1874)
4. Thomas Barnardo contesté, « loi Barnardo » (1875-1891)
4.1. Accusations, comité d’arbitrage, verdict (1875-1877)
Qui étaient les calomniateurs ?
Accusations et Réponses
Le travail de Barnardo et de ses collaborateurs
4.2. La « loi Barnardo » en 1890
5. Les obsèques de Thomas Barnardo mort le 19 septembre 1905
6. L’œuvre après Barnardo
6.1. Sources :
6.2. Public cible :
6.3. Objectifs :
6.4. Actions actuelles
7. Webo-bibliographie
Brève présentation :
Thomas Barnardo
L’épidémie de choléra qui sévit à Londres en 1866 le met en prise avec la misère du quartier est de Londres.
La dramatique situation des enfants des rues à Londres, et une rencontre avec Lord Shaftesbury, en octobre 1867 le pousse à réorienter ses projets de services vers ceux-ci.
Avant que Barnardo ne meurt d’une angine de poitrine à l’âge de 60 ans le 19 septembre 1905, on comptait :
8 000 enfants résidant dans les maisons, 4 000 enfants externes, et 18 000 au Canada et en Australie.
Mariage de Barnardo
Barnardo revoit cette noble personne au printemps 1873, lors des funérailles du pasteur William Pennefather.
Quelques jours plus tard, ils se fiancèrent, Barnardo alla jusqu'à Richmond pour demander le consentement de M. Elmslie
Quatre semaines plus tard, ils se mariaient au «Metropolitan Tabernacle». En l'absence du pasteur Ch. H. Spurgeon, trois amis intimes officièrent : le Docteur Grattam Guinness, Lord Radstock et Henry Varley, un évangéliste.
Famille
Des 7 enfants, 3 sont morts en bas âge. William Stuart, l’aîné est né en janvier 1874. Marjorie était atteinte d’une maladie génétique proche de la trisomie 21, ce qui a stimulé Thomas Barnardo à créer une structure d’accueil pour enfants handicapés. Une de ses filles Maud Gwendolen Syrie Barnardo (10-07-1879/25-07-1955) a épousé un homme de 26 ans son aîné dont elle divorce plus tard pour épouser quelqu’un d’autre. Elle est surtout connue pour sa vie privée quelque peut tumultueuse.
Sur l’esprit logique et les loisirs de Thomas Barnardo il est rapporté ceci :
Brève chronologie
Le 4 juillet 1845, naissance de Thomas Barnardo, le commerce de son père périclite, sa mère tombe malade
En 1847, suite à une diphtérie Thomas est finalement déclaré mort puis réanimé
Le 26 mai 1862, Thomas Barnardo a presque 17 ans lorsqu’il se convertit en priant avec ses 2 frères
En 1862 il devient membre d’une assemblée de frères larges (Plymouth Brethren) en Irlande
Le 19 octobre 1862 il est baptisé comme croyant à la chapelle baptiste
En 1866, Barnardo vient se former à Londres pour partir en Chine comme missionnaire
Le 1er octobre 1866, Barnardo commence une formation de médecine. Il obtient une Licence en mars 1876, mais ne poursuit pas jusqu’au Doctorat en médecine.
En 1866 une épidémie de Choléra déferle sur Londres, on déplore 5 548 décès.
Le 2 mars 1867, avec 2 amis étudiants il ouvre la « Donkey Shed Ragged School »
En 1867, Barnardo témoigne en public de sa rencontre avec Jim Jarvet et ses amis
En octobre 1867, Lord Shaftesbury invite Barnardo à dîner
le 5 novembre 1867, inauguration de l’ « Assembly Rooms » (6 mois d’activités)
Le 2 mars 1868, est fondée la « Mission des Jeunes de L’east End » The East End Juvenile Mission
Le 8 décembre 1870 est inauguré le premier home de garçon au n° 18 Causeway Stepney
De 1870 à 1930 immigration vers le Canada
Le 14 février 1873, l’Edinburgh Castle est acquis, le café-palace ouvert à Rhodeswell Road, Limehouse
Le 17 juin 1873, Barnardo épouse Syrie-Louise Elmslie au Métropolitain Tabernacle de Londres.
En janvier 1874 William Stuart Barnardo né, aîné des 7 enfants de la famille.
En 1874 est ouvert un département photographique, et des cartes postales des enfants sont vendues
En 1874 ouverture de l’Ecole Navale de Watts (fermée en 1895 et ré-ouverte en 1901 jusqu’en 1953)
Le 9 juin 1875, pose de la première pierre du village de jeunes-filles
Le 9 juillet 1876 est ouvert le village pour 1 000 jeunes filles à Barkingside,
devient un établissement mixte en 1945 et est fermé depuis 1991.
Le 15 octobre 1877, jugement rendu par la commission d’arbitrage, suite aux accusations dont Barnardo avait été l’objet depuis 1874.
Le 15 novembre 1877 un comité de gestion de 16 membres est nommé pour administrer la Mission.
Le 16 octobre 1883 une chapelle est consacrée à l’école navale
En 1887, Barnardo se rend pour la première fois au Canada pour tisser des liens.
En 1888, ouverture d'un hopital à Londres (fermé en 1922)
En 1891, la « loi Barnardo » ou « Loi sur la Garde de l'Enfance de 1891 ».
Le 9 septembre 1905, Thomas Barnardo meurt d’une angine de poitrine à 60 ans
Le jeune Thomas Barnardo
Ses « ancêtres »
Le nom Barnardo, est d’origine sémitique ; Bar Mitzvah en araméen signifie fils du commandement, Bar Sabas = fils de Sabas, Bar Timée = fils de Timée etc…
Au XVe siècle, on trouve des Barnardo à Alexandrie, ils fuient l’Egypte pour l’Espagne, lors de persécution des Turcs. La vigueur des tribunaux d’inquisition fera émigrer la famille en Italie ou une branche est anoblie. Le goût du commerce fait ensuite émigrer la famille en Hollande. C’est à Hambourg, en 1800, que naquit John Micharlis Barnardo, le père de Thomas. John créé une affaire prospère à Dublin ou il s’établit.
Micharlis, semble être un patronyme Yiddish. Il exerçait le métier de fourreur.
Il y a un certain flou sur l’identité de la mère de Thomas : Bready qui écrit une biographie dans un style très flatteur, peut-être pour renforcer l’idée d’une lignée protestante, désigne semble-t-il à tort, Mary Drinkwater, fille d’un quaker anglais résidant depuis longtemps en Irlande, comme la mère de Thomas.
Norman Wymer , dans Father of Nobody's Children, révèle seulement après la mort de Mme Barnardo, ce qui toucherait à la vraie identité de la mère de Thomas Barnardo qu’on avait jusque-là présentée comme Drinkwater d’Irlande et de famille Quakers. Mais on ne trouve pas trace de Drinkwater dans les archives Irlandaises. En fait sa mère était Anglaise de famille catholique.
M. Barnardo aurait épousé en premières noces Elizabeth O'Brien. Par recoupements, ils semblent avoir eut 7 enfants en 8 ans, Elizabeth décédant lors du dernier accouchement : William, Sophie, Theodore, Abigail, Augustus, Bernard, Elizabeth meurt à un mois sa mère. M. Barnado veut alors épouser en secondes noces Abigail Matilda O'Brien , une sœur de sa première femme, mais la loi anglaise l’interdisait. Pour contourner la loi, le mariage a lieu à Londres dans une Eglise allemande sous juridiction Prusse… Mme O’Brien était d’origine catholique. Avec deux des frères de Thomas, elle est devenue membre d’une assemblée de frères larges.
Thomas vint au monde le 4 juillet 1845. Il est le neuvième enfant de la famille. À peine né, sa mère attend un nouveau bébé qui naît en mai mais meurt quelques heures après sa naissance. L’année suivante naquit Henry Lionel. Deux frères George et Frédéric sont encore à compter dans la famille.
Lorsqu’en 1860, John Michaelis demande à être naturalisé Britannique, il déclare avoir 10 enfants vivants.
Thomas s’avère un enfant fragile. À 2 ans, il est entre la vie et la mort des suites d’une diphtérie. Puis les choses empirent, deux médecins constatent son décès. C’est en habillant le « cadavre » de l’enfant que l’employé des pompes funèbres se redit compte que le cœur de l’enfant battait… le « cadavre était vivant ». Les pompes funèbres repartir avec le cercueil vide et les médecins firent leur travail de réanimation…
Le biographe ne dépeint pas Thomas comme un enfant particulièrement « angélique »…
Plus tard son frère le Dr Frédéric Barnado le décrit ainsi :
À part la natation, il n’aimait pas le sport. Il aimait en revanche beaucoup lire avec un faible pour les contes.Bien vite lu tout ce qui lui tombait sous la main, hormis ses livres d’écoles.
À 14 ans, il avait pour auteurs favoris : Voltaire et Paine. Il était plutôt sceptique envers les doctrines chrétiennes et se proclamait agnostique.
À 16 ans, il quitte l’école non sans potentiel, mais sans y avoir rien appris et surtout sans avoir accepté de passer de diplôme. Il entre alors en apprentissage chez Robert Anderson, un négociant de vin
Plus tard Thomas Barnardo dira avoir été profondément marqué par la personnalité d’un maître tyrannique, qui a largement contribué à nourrir en lui une aversion profonde pour l’école et les examens, et ce au-delà de son dégoût pour la routine scolaire étouffant selon lui la personnalité des élèves plutôt que ne les aidant à s’épanouir.
La foi de Thomas Barnardo : de l’agnosticisme à Christ
Thomas est baptisé nourrisson dans l’Eglise Anglicane Saint-André de Dublin. En 1860, il a alors 15 ans, Thomas est confirmé, pour suivre la tradition familiale, mais cette cérémonie n’a pas d’autre sens pour lui. Voltaire, Rousseau et Paine sont ses maîtres à penser, fortifiant en lui scepticisme et orgueil face au christianisme.
Dès 1859 l’Irlande connaît un Réveil religieux .
Plusieurs membres de la famille de Thomas Barnardo, dont deux de ses frères (l’un médecin et l’autre fonctionnaire civile aux Indes), se convertissent. Lorsque Thomas accepte d’aller avec eux à une réunion d’Evangélisation publique, c’est pour juger par lui-même de ces « manifestations ». Il en revient toujours aussi sceptique, ne votant que des manifestations psychologiques a ce que vivaient ceux qui disaient vivre une expérience religieuse profonde.
Ensuite il ne se rend qu’occasionnellement avec ses frères dans des réunions de maison.
C’est à l’occasion d’une de ces réunions, chez M. William Fry, que le doute commença à envahir Thomas, mettant à l’épreuve sa foi d’agnostique.
Thomas Barnardo rapporte en ces termes, dans une lettre adressée bien plus tard à W Fry, ce qui l’avait marqué ce soir-là :
Quelques semaines plus tard, Thomas entend le témoignage de conversion du tragédien John Hambleton. Bien après midi travaillé profondément Thomas entra en larmes dans la chambre de ses deux frères, qui se mirent à genoux pour prier avec Thomas, qui se convertit le 26 mai 1862, juste avant ses 17 ans.
Les débuts de la vie chrétienne
La Bible devient son livre de chevet à la place des textes de Rousseau, Paine et Voltaire, très vite il s’engage comme moniteur dans une « Ragged Schooll » à Dublin. Ruben Saillens nommait ces écoles les « Ecoles déguenillées ». Leur initiateur était un cordonnier de Portsmouth : John Pounds (1766-1839) qui en 1818 commence la première dans son échoppe.
John Pounds et sa cordonnerie
John Pounds est né le 17 juin 1766 à Portsmouth, ou son père travaillait comme scieur sur les chantiers. À 12 ans, il entre en apprentissage comme « charpentier naval ». Estropié, 3 ans plus tard, qui à une chute dans une cale sèche, il devient cordonnier et s’installe à son compte. Une quarantaine de jeunes pupilles se rassemble dans son échoppe pour apprendre à lire, à compter, à faire de la cuisine, de la menuiserie et de la cordonnerie auprès de lui.
Traditionnellement le programme de ces premières « écoles libres » comprenait 4 matières : lecture, écriture, arithmétique et religion, les "4 R's" (Reading, writing, arithmetique et religion). Les salles de classes étaient souvent d’anciennes écuries, des porches sous des ponds etc… On estime qu’entre 1840 et 1881, 300 000 enfants ont fréquenté ces écoles à Londres. Elles étaient généralement soutenues par des bienfaiteurs de la ville mais une contribution venait aussi des parents.
Le PV d’un conseil d’administration du 6-02-1850 de la Ragged School de Maybole (en Ecosse), fait état de discussion pour accorder des réductions à une mère qui ne pouvait momentanément pas payer les 4pennies/ semaine par exemple. Certains enfants bénéficiaient du soutien de leur paroisse. L’admission des enfants se faisait dans cette école par décision du comité, les tarifs fixés en fonction des familles .
La classe, ouvrière était presque partout totalement ignorante et illettrée. Dans un rapport d'une commission médicale de l'époque, on voit qu'au début du XVIIIe siècle 74,5 % des enfants de Londres mourait avant cinq ans.
Avec des classes allant jusqu’à 200 élèves, l’enseignement mutuel sera prisé, le maître confiant à des moniteurs des groupes moins savant qu’eux. À la différence des écoles paroissiales, pour être admis dans une Ragged School, le port de l’uniforme n’était pas requis
L’union des « Ragged School » est créée en 1844 par Lord Shaftesbury, qui en 1870 avait été à créer 350 de ces écoles. À la différence des Ecoles du dimanche, ces écoles sont ouvertes aussi en semaine, offrant en cours du soir outre des cours d’alphabétisation et de mathématiques, des classes de coutures, des salles de lectures etc… pour des jeunes mais aussi des adultes.
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Mais ce n’est que plus tard que Barnardo va découvrir cette « population » de Londres et la fera découvrir à Lord Shaftesbury qui aura même de la peine à croire à leur existence dans une ville industrielle riche et aussi touchée par les Réveils que ne l’était Londres à cette époque.
Outre l’action auprès des enfants des taudis de Dublin, les visites dans les familles, l’instruction biblique auprès d’enfants de familles aisées, Barnardo va devenir un boulimique des réunions : le dimanche, il prend part à quatre ou cinq services, assiste à cinq réunions en soirée chaque semaine, jusque tard dans la nuit étudie la Bible.
Ses deux frères louèrent deux pièces dans un quartier où il se met à prêcher régulièrement. Il décrit les habitants du quartier de la sorte : « Il y a là quelques protestants : mais la majorité de la population est profondément enfoncée dans la superstition, l'ignorance et le whisky ».
Il devient membre actif de l’UCJG, rejoint la « Swift Alley Mission », puis à 20 ans collabora avec les « frères larges ».
Il est baptisé comme croyant, le 19 octobre 1862 à la chapelle baptiste, en étant venu à cette conviction sur le baptême suite à sa propre étude de la Bible
Appel et formation de Barnardo
Rencontre avec Hudson Taylor à Dublin
Il fréquentait les jeunes du cercle de Henry Grattan Guinness –Irlandais comme lui-, fondateur d’un Institut de formation missionnaire à Londres (East London Institute) ou a été formé Ruben Saillens 1873 à1874.
À cette époque, Guinness invita Hudson Taylor, à parler à Merrion Hall, à Dublin. Suite à cette réunion, quatre jeunes se consacrèrent au service de Dieu : trois embrassèrent une carrière missionnaire en Chine, l’autre allait travailler auprès des enfants des rues à Londres, mais pour l’heure nourrit le projet de à partir en Chine..
Formation missionnaire à Londres
Arrivée à Londres et engagement auprès des enfants
Il témoigne aussi et parfois de façon assez hardie. Bready rapporte, qu’un jour voyant un attroupement de jeunes gens et de jeunes filles attendant d’entrer dans un cabaret, il se joint à eux pour voir le genre de spectacle qui les attirait. Bouillonnant tout au long de la première partie, à l’entracte, il demanda au propriétaire de pouvoir s’adresser aux spectateurs. Il monta sur l’estrade et lorsque le rideau se leva de nouveau il s’adressait toujours à son auditoire. S’en suivi diverses réactions… furieux le propriétaire des lieux s’exclama : « Même pour cinquante livres sterling je ne permettrai pas un tel discours ». Sans perdre le Nord Barnardo de répondre « marcher conclus ». Tout en empochant la somme, il donna rendez-vous dehors à ceux qui voulaient continuer de l’écouter… et toute la foule le suivi, l’écoutant prêcher avec enthousiasme !
Engagement comme colporteur
Mais sa témérité de colporteur lui valu un jour d’être ramené chez lui après avoir été roué de coups. Vendant des Bibles dans les cafés, le propriétaire d’un de ceux-ci lui avait interdit de pénétrer dans une salle annexe où se trouvaient les clients les plus éméchés… se revenant à lui, un policier lui demanda s’il ne voulait pas porter plainte. Sa réponse fut catégorique : « J'ai commencé avec l'Évangile et je suis décidé à ne pas terminer avec la Loi ».
Plusieurs clients coupables entendant cela décidèrent de respecter Barnardo et de s’enquérir régulièrement de ses nouvelles pendant sa convalescence jusqu’à agacer le convalescent… Il écrira plus tard, se souvenant de cet épisode : « Je crois que cet incident... me donna une plus grande influence sur les jeunes gens et les jeunes filles de ce quartier, que n'aurait pu le faire une prédication ou un enseignement de plusieurs années parmi eux ».
Formation médicale et l’épidémie de choléra en 1866
À 21 ans, sur la demande d’Hudson Taylor, il entre à l’hôpital de Londres le 1er octobre 1866 pour suivre une formation abrégée de médecine, pour partir en Chine comme médecin missionnaire. C’est dix ans plus tard, en mars 1876, qu’il achève ces études en obtenant le grade de licence en Médecine.
En 1866 éclate une épidémie de choléra à Londres et « l’East-End » est particulièrement touché. 65% des décès sont déclarés dans ce quartier. Barnardo est profondément marqué par ce qu’il vit alors dans ce quartier comme étudiant en médecine.
La Découverte des enfants des rues à Londres
L’époque victorienne
Depuis son départ d’Angleterre, Carey n’est jamais retourné cultiver des liens sur place.
Techniques
1730-1803 Première révolution
industrielle : métallurgie et textile
>1415 Jean Huss (1635-1705) Moraves 1700-1760 Conte de Zinzendorf
Piétisme Philippe Jacob Spener (1635-1705)
1614 Les frères Moraves, Jan Amos Comenius
(1592-1670) Pasteur ayant étudié la théologie à Heidelberg, s’exile de Bohème en Hollande.
En 1871, dans le cadre de l’UCJG,
Cinquante-Neuf ans après la création des premières Sociétés d’école du
dimanche, un mouvement tel que l’UCJG-YACM (Union Chrétienne des Jeunes Gens - Young Men's Christian Association), créé le 6 juin 1844 par Georges Williams (1870-1942), face aussi aux besoins
sociaux engendrés par la nouvelle donne socio-économique qui présida à un vaste exode rural vers les villes anglaise, avec toutes les pertes de repères des rythmes agricoles, des principes
religieux et de structures familiales qui s’en suivirent, est aujourd’hui largement sécularisé, alors qu’il n’en était pas à l’origine de mouvement créé par des protestants associant à leur
foi l’action sociale.
Le premier texte de référence la Base de Paris de 1855, dit expressément : «
Les Unions Chrétiennes de Jeunes Gens ont pour but de réunir les jeunes gens qui, regardent Jésus-Christ comme leur Sauveur et leur Dieu selon les Saintes Ecritures, veulent être ses
disciples dans leur foi et dans leur vie et travailler ensemble et étendre parmi les jeunes gens le règne de leur Maître".
Avant eux déjà, les protestants ont été très actifs dans la promotion de
l’éducation visant l’ensemble du peuple déjà en traduisant la Bible dans les langues régionales.
Jan Amos Comenius
Jean Sturm
J F Oberlin
1769 Johann Heinrich Pestalozzi
Ferdinand
Buisson
Jean-Jacques Rousseau
Les
Ecoles du shabbath
En 1584,
Le titre de “ Père des Missions modernes ” qui est communément attribué à William Carey, est à replacer dans son contexte, celui où se créent les “ Sociétés Missionnaires Protestantes ”. William Carey est à l’origine de la première d’entre elles ; la “ Baptist Missionary Society ” (2 octobre 1792) suit la Mission de Londres (1795), puis la “ Société Néerlandaise des Missions ” (1797), la “ Mission de Bâle ” date de 1815, la “ Société des Missions Evangélique de Paris ” naît quant à elle en 1822.
Il faut noter que les Réformateurs n’ont pas développé un grand élan missionnaire en terres lointaines. Plusieurs raisons expliquent ce fait :
A un carrefour important de sa vie, John Eliot décide à son tour d’embarquer pour la Nouvelle-Angleterre. C’est à la fin de l’été 1631 qu’il arrive à Boston. Il accepte un poste de pasteur remplaçant dans la ville puis s’installe à Roxbury, petit village près de Boston ou l’Eglise cherchait un pasteur. Là, il se marie avec Hanna Mumford en octobre 1632 et y passera toute sa vie.
Le mouvement des frères Moraves est rattaché au nom du Comte Nicolas de Zinzendorf (1700-1760). Destiné par sa famille à exercer une carrière de diplomate, c’est au cours d’un voyage à Düsseldorf que le jeune Comte en formation est comme “ transpercé ” par cette inscription figurant sur une peinture de Fetti, représentant Jésus devant Pilate ; “ J’ai souffert cela pour toi, qu’as-tu fait pour moi ? ” Or, à cette époque, la persécution sévissait en Moravie contre les chrétiens Hussistes et les exilés Vaudois. En 1722 le Comte recueillit ainsi chez lui des Moraves rencontrés, semble-t-il, au cours de son voyage de noces ! Puis il fonda un village à leur intention : Herrnhüt que l’on peut se traduire par : “ A la garde de Dieu ”.
En 1789 Carey s’installe avec sa famille à Leicester et là, rédige un ouvrage sur les différents pays et leur population à partir de toute la documentation qu’il a rassemblée. Il présente son Enquiry à ses amis en mai 1791, puis l’ouvrage est édité en 1792.
2 Octobre 1792, chez Marthe Wallis Le 2 Octobre 1792, 14 hommes sont réunis dans le salon de la veuve Marthe Wallis : douze pasteurs de villages à la tête de congrégations pauvres. Une société missionnaire baptiste est constituée, une première liste de souscription circule. Elle récolte 13 livres, 2 shillings et 6 pence.