Benjamin Rush
Jean Paul Cook
Johann Gerhard Oncken
Les Sociétés d’Ecole du dimanche en Angleterre
L’Angleterre en 1785
Occasion et but de la création des Ecoles du dimanche
En Angleterre, l’Eglise Méthodiste développe de son côté avec les Ecoles du dimanche, différents types de manuels.
Le caractère de beaucoup d’enfants fut transformé par leur fréquentation de l’école du dimanche. Leurs jurons et leur malhonnêteté furent remplacés par un sens du devoir et un désir de
nourrir leur esprit. Le patron d’une manufacture de chanvre et de lin qui employait beaucoup d’enfants, un certain Mr. Church, commenta la transformation des enfants : « Le changement n’aurait
pas pu être plus extraordinaire, à mon avis, comme s’ils étaient passés de l’état de loup et de tigres à l’état humain ! »Evaluation comparée à la France et à d’autres paysÀ l’occasion d’un
comité de la Société, le 10 oct 1787, 2 ans et 1 mois après ses débuts, l’on comptait :
282 écoles, pour 16 000 enfants, ayant utilisé 20 295 livre d’alphabétisation, 6 217 testaments et 1 141 Bibles. (p.166)
Le Baron de Gérando rapporte ces chiffres :
L’union des écoles du dimanche à Londres, compte pour l’Angleterre :
en 1733 : 11275 écoles du dimanches dirigées par 128 784 instituteurs et fréquentées par 1 158 345 élèves
une enquête parlementaire estime qu’en 1834 : il y avait 16 828 écoles fréquentées par 1 548 890 élèves.
L’Union Américaine dans un rapport daté du 20 mai 1834 donne ces chiffres
en 1834 on comptait 1 100 sociétés auxiliaires, 10 019 écoles, dirigées par 88 202 instituteurs recevant 590 754 élèves sur une population de 14 897 374 habitants.
Et Gérando d’ajouter :
« il y a donc proportionnellement deux fois plus d’adolescents qui fréquentent les écoles du dimanche dans ces deux pays, qu’il n’y a en France d’enfants qui suivent les écoles élémentaires….
La France, jusqu’à ce jour, s’est montrée moins disposée à adopter les écoles dominicales, peu empressées même à les connaître. Cependant les départements du Haut et Bas-Rhin et quelques-unes de
nos villes, comme Lyon par exemple, les ont imitées, et ont eu lieu de s’en applaudir. D’heureux essais ont été tentés, dans la capitale, pour les adolescents des communions protestantes. On a
remarqué que les lieux où il est le plus difficile d’établir des écoles du dimanche sont précisément ceux où leur présence serait le plus utile. L’habitude contractée par les enfants, et
originairement encouragées par leurs parens[sic], de passer la journée entière du dimanche dans une dissipation, à laquelle il serait impossible d’arracher les adolescens[sic], ne permet pas,
dit-on, de les renfermer dans l’enceinte d’une salle, et de les y occuper de sujets sérieux.
En quelques lieux, pour échapper à cette difficulté, on reçoit les adolescens[sic] pendant les soirées , particulièrement en hiver. On recours aussi aux écoles du soir, comme à une ressources
pour procurer le bienfait de l’enseignement élémentaire à des enfans[sic] de 6 à 12 ans, qui, occupés à des travaux manuels, n’auraient pu suivre l’école du jour.
Le 26e Rapport de la Société pour les écoles britanniques et étrangères (Londres, 1834, p.101), chiffre pour les Bermudes à 8 le nombre d’écoles du dimanche, à 30 les instituteurs qui y
enseignent les 529 élèves « blancs et noirs,libres et esclaves, adultes ou enfants. » Ce sont essentiellement les méthodistes qui ont développé ces premières écoles aux Bermudes.
Il s’agit donc à cette époque d’éducation populaire visant les jeunes « de la rue », déracinés, sans repères familiaux et religieux, ni grande instruction scolaire de base. A Paris ces écoles
touchaient plutôt les adolescents souvent déjà en activité professionnelle, les adultes suivant plutôt les cours du soir à l’enseignement plus adapté aux adultes.
Le but était par l’instruction scolaire et la morale d’éviter à toute une génération de partir à la dérive entraînant avec elle la société où ils évoluaient.
Les Sociétés d’Ecole du dimanche outre
Atlantique
Les débuts dès 1669
CATHERINE FERGUSON (1749 (?)—1854)
Fonde en 1793 la première Ecole du Dimanche
à New York Dès 1669 on trouve des références à une école du dimanche dans la colonie de Plymouth, en 1674 au Massachusetts.
En 1785 William Elliott accueille chez elle un groupe de garçons et de filles blanches pour les instruire dans la Bible. Les enfants des esclaves noirs étaient instruits eux aussi, mais à un
autre moment.
La création le 11 janvier 1791 de société d’école du dimanche régionale (First Days School Societe)
Le développement plus large du mouvement date en Amérique du Nord de janvier 1791, où à Philadelphie est institutionnalisée une oeuvre destinée à l’éducation des jeunes filles pauvres de la
ville, la "First Day School Society". Plusieurs villes suivent le mouvement.
William White Parmi les fondateurs de cette société d’Ecole du dimanche : l’évêque Williiam White, Dr Benjamin Rush, Willian Currie les Quaker Joseph Sharpless, Thomas Pym
Cope et Thomas Mendenhall ainsi qu’un éditer catholique Matthew Carey.
Des salles ont été louées par société. En mars John Ely ouvrait la première Ecole dont il fut le premier enseignant.
En 9 ans 2 127 enfants ont fréquenté ces écoles. Des milliers de dollars ont été rassemblés pour soutenir l’œuvre.
Création de l’Union Américaine des écoles du dimanche en 1824
STEPHEN PAXSON
1837 - 1881 En mai 1824 est constituée « l’American Sunday School Union ». Cette union souhaitait par son travail coopérer à construire une société différente.
Elle envoya des missionnaires dans les vallées du Mississipi, dont un certain Stephen Paxson, qui avait dénommé son cheval « Robert Raikes » !
Lorsqu’il meurt en 1881, il a fondé 1 314 écoles du dimanche, ou 83 000 élèves étaient rassemblés .
Plusieurs de ces écoles du dimanches ont ensuite mutés en Eglise locale, gardant dans leur organisation l’école du dimanche vue comme action évangélisatrice.
Les conventions nationales à partir de 1832, les internationales à partir de 1872
La première convention eu lieu en 1832 à Philadelphie. 220 délégués représentant 17 états ont eu l’occasion de parler du besoin d’organiser un programme d’enseignement adapté au enfants en bas
âge et du besoin de former les moniteurs.
La deuxième s’est aussi tenue à Philadelphie, en 1833.
La troisième s’est tenue 26 ans plus tard, en 1859. Outre les 17 états représentés un visiteur Anglais fut aussi de l’assistance.
Il a fallut attendre 10 ans pour qu’en 1869 se tienne à Newark dans le New Jersey la quatrième convention. Au 526 délégués représentant 28 états, on comptait des visiteurs anglais, canadiens,
irlandais, écossais et Sud Africain.
La cinquième convention s’est tenue à Indianapolis en 1872. C’est là qu’un programme d’enseignement commun a été adopté –non sans réticences- pour toutes les écoles du dimanche toutes
dénominations confondues.
A compter de 1872, le nombre de délégués étrangers allant croissant, le nom des conventions est changé en « international Sunday School Convention » et la fréquence des rencontres fixée selon un
rythme triénal.
A noter que dès 1830 une Association Baptiste de l’Illinois s’est élevée contre le travail des Ecoles du dimanche, (mais aussi les sociétés bibliques et missionnaires) voyant là des œuvres
subtiles de l’adversaire venant semer l’ivraie dans l’Eglise.
Cette attitude est selon nous plutôt à interpréter comme une crainte de voir la souveraineté de l’autorité de l’Eglise locale mise à mal par des oeuvres missionnaires interdénominationnelles,
qu’une remise en question fondamentale du travail d’éducation auprès des enfants
Il n’en va pas ainsi dans les communautés Darbystes (frères étroits), où les enfants assistent normalement au culte sans que celui-ci soit adapté à leur âge et leurs besoins. Aucune activité
n’est généralement offerte en parallèle au culte pour les plus jeunes.
Sauf erreur de notre part, tel est aussi classiquement la tradition dans l’Eglise catholique, où la catéchèse et/où autres activités destinées aux enfants se déroulent à d’autres moments que ceux
ou ont lieu les offices religieux.
Béthel Sunday Scuol in 1921 (Eglise Méthodiste, Caroline du Sud) Les Ecoles du Dimanche comme on les désigne aujourd’hui dans les Eglises influencées par les traditions
américaines, ED qui regroupent des adultes comme des jeunes par groupe d’âges, sont plus proches des « classes méthodistes » ou du concept de « formation continue» que Nicolas Condorcet
avait mis dans son rapport au sénat du 20/04/1792 lorsqu’il comptait demander la création d’école du dimanche en France pour lutter contre l’analphabétisatime de retour, par là il entendait que
l’acquis de l’école primaire peut s’évaporer et replonger dans l’ignorance l’ouvrier accablé par des tâches répété…
L’expression Ecole du dimanche a rapidement traversé la manche, et les communautés chrétiennes pour désigner des activités éducatives pour tout âge et sans distinction de sexe
!
Jean-Paul Cook et la société d’école du dimanche en France
Quelques chiffres
Nous relevons les statistiques suivantes de l’article de Gérard Vigner : « Depuis quand enseigne-t-on le français en France ? Du sermo vulgaris à l’enseignement du français langue maternelle »
Gérard Vigner d’ajouter aussi :Sans nous engager dans la restitution d’une évolution longue et complexe, il est bon de rappeler que les petites écoles, jusque dans le premier tiers du XIX e
siècle, étaient d’abord des lieux d’instruction religieuse. Elles s’étaient développées à partir de la seconde moitié du XVIIe siècle, dans les suites de la Réforme, soit pour mieux l’asseoir,
dans les écoles protestantes, soit pour mieux la combattre, dans les écoles catholiques. L’alphabétisation, dans cette double perspective, répondait à un objectif commun : donner aux enfants la
possibilité de mieux ancrer leur foi, soit par la lecture de la Bible, soit par celle des instruments du catéchisme.
Jean-Paul Cook
Jean-Paul Cook (1828-1886)
Prédicateur méthodiste En France , de nombreuses Écoles du Dimanche se développèrent en marge des Églises et des écoles, on en recense près de 130 lors de la fondation de la
Société des Écoles du Dimanche (SED), en 1852, par Jean-Paul Cook. Ce jeune évangéliste formé en Suisse et en Grande-Bretagne avait publié dès 1848 une brochure L'histoire et l'organisation d'une
École du Dimanche, où aussi bien la pédagogie que le contenu de leur enseignement étaient expliqués ; à partir de 1851, il lançait un journal Le Magasin des Écoles du Dimanche.
La SED (Société des Écoles du dimanche) définit ainsi son objectif : Propager les vérités évangéliques par le moyen des Écoles du Dimanche. Elle s'inscrit dans une perspective missionnaire.
Toutes les Églises protestantes sont invitées à entrer dans le mouvement.
La formation repose sur la Bible exclusivement. Les pasteurs sont invités à participer au mouvement mais toujours accompagnés de laïcs.
Les Actes de la deuxième Conférence de l’Eglise Méthodiste Française (Paris 7-15/09/1853), comptabilise 28 écoles du dimanche
dirigées par 148 moniteurs, et contenant 1 462 élèves.
Développement de littérature mais avis partagés sur la SED
Dès ses débuts, la SED a mis au point un matériel pédagogique que publie une maison d'édition créée à Paris en 1857.En 1865, La feuille du dimanche pour les enfants est éditée chaque
semaine avec un texte biblique, une histoire et parfois une illustration ; en 1888, le journal des Écoles du Dimanche a pris le relais . Les leçons bibliques de 1867 ; puis des images
représentant des scènes bibliques des vues lumineuses ainsi qu'un calendrier ont contribué à la modernisation de la pédagogie...
« Néanmoins au synode national des Églises réformées du Havre en 1902, le pasteur Wilfred Monod mit en doute la pédagogie des Écoles du Dimanche, en soulignant qu'un même programme était imposé à
toutes les classes d'âge et qu'il ne préparait les enfants, ni à la vie communautaire, ni au culte public. »
Pour
prolonger…
L’Ecole du dimanche chez nous : pour quels enfants, par quels enseignants, pourquoi, comment… ?
œuvre sociale de socialisation, d’apprentissage de la morale chrétienne, d’apprentissage ou de perfectionnement de la lecture et de l’explication de textes, d’apprentissage du chant et/ou de la
musique, la pratique du sport ?….
œuvre d’instruction religieuse, pour fixer les bases culturelles de connaissances chronologiques des faits relatés dans la Bible
œuvre d’évangélisation pour conduire à la foi personnelle les jeunes et les préparer à assister au culte et à devenir membre de l’Eglise ?
Quels profils de moniteurs pour quels objectifs ?
Quels manuels pour quels objectifs ?
Quels liens avec les autres écoles du dimanche de l’union d’Eglise et/ou des Eglises Protestantes du pays ?
Quels liens ou différences avec le scoutisme, le mouvement des Flambeaux, les « club d’enfants », le catéchisme …
L’Ecole du dimanche est-elle une institution destinée à prévenir certaines formes d’indigences ?
etc
Quels commentaires nous suggèrent les objectifs de l’Association suisse des Ecoles du dimanche (ASED) ?
* Encourager la solidarité entre les enfants d'ici et d'ailleurs.
* Faire découvrir aux enfants de Suisse et à leurs responsables un peu de la réalité quotidienne des enfants des Eglises défavorisées.
* Soutenir le travail parmi les enfants dans les Eglises défavorisées.
* Favoriser les contacts et les échanges entre les organismes nationaux et/ou internationaux dont le but est l'annonce de l'Evangile aux enfants.
* Développer, encourager, soutenir, financer et suivre des projets dans le cadre du travail parmi les enfants dans les Eglises défavorisées dans différents pays du monde.
Sous le slogan " Des enfants pour des enfants ", l'Association suisse des Ecoles
A suivre...
| Décembre 2009 | ||||||||||
| L | M | M | J | V | S | D | ||||
| 1 | 2 | 3 | 4 | 5 | 6 | |||||
| 7 | 8 | 9 | 10 | 11 | 12 | 13 | ||||
| 14 | 15 | 16 | 17 | 18 | 19 | 20 | ||||
| 21 | 22 | 23 | 24 | 25 | 26 | 27 | ||||
| 28 | 29 | 30 | 31 | |||||||
|
||||||||||