Dimanche 15 avril 2007 7 15 04 2007 21:08

Le début des sociétés
d’Ecole du Dimanche
œuvre d’éducation auprès des
«esclaves-blancs»

 


Reprères chronologiques

En Angleterre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 























 
Robert Raikes le jeune                              William Fox
(1736-1811)                                         (1736-1826)

On attribue au Britannique Robert Raikes le jeune (1736-1811) de Gloucester, éditeur-imprimeur de profession, anglican de tradition religieuse, d’avoir été l’inspirateur et l’initiateur d’un mouvement qui, l’appuie institutionnel du pasteur Thomas Cook (1828-1886) s’est répandu comme une traînée de poudre à partir de 1780 jusqu’à toucher hebdomadairement en 1831, soit quarante-six ans plus tard, 1,25 million d’enfants, un quart de la population anglaise d’alors. La première Société des Écoles du dimanche (London Sunday School Society) ,  est fondée le 7 septembre 1785 . William Fox (1736-1826), c’est le maître d’œuvre qui administre le travail éducatif avec tout ce que cela comportait de plus technique.

En Amérique du Nord
Benjamin Rush
(1744-1813)   
C’est en 1791  à Philadelphie que l’on trouve échos de la première Ecole du dimanche d’Amérique du Nord . A la même époque, dans la même ville le presbytérien Benjamin Rush  (1744-1813), médecin et père fondateur des Etats Unis, fondait « la Société des écoles du premier jour de la semaine » (The First Day Society). En 1817 « l’Union des écoles du dimanche de Philadelphie » (Sunday and Adult School Union) est fondée. En 1824 lui succède, « l’union américaine des écoles du dimanche » (American Sunday School Union ), dont le but était de créer des écoles dans toutes les parties des États Unis.


En France
  Jean Paul Cook
1828-1886   
En France, c’est en 1814 (Perrier ,1928 ; Zorn  1996), à Luneray en Normandie qu’est fondée la première École du Dimanche par le pasteur Laurent Coderet, suite au témoignage rapporté par un visiteur venu d’Angleterre. Un comité pour l’encouragement des Écoles du Dimanche est créé en 1826  un abécédaire publié en 1827 , et Jean-Paul Cook (fils du pasteur méthodiste Charles Cook ), parvient le 4 mars 1852 à constituer un comité  qui créa la Société des Écoles du Dimanche . En 1851, il publie le premier numéro Le Magasin des Écoles du Dimanche.
Ce journal est remplacé en 1867 par Les leçons bibliques intégrées en 1888 au Journal des Écoles du Dimanche dit « journal rose » (il existait un « journal vert » publié par la Société des Missions Évangéliques de Paris). Une maison d’édition est créé à Paris en 1857, en 1865, parait La feuille du dimanche, traité hebdomadaire destiné aux enfants.


En Allemagne
Johann Gerhard Oncken 
(1800-1884)   
En Allemagne, c’est en 1825, que Johann Gerhard Oncken (1800-1884), fonda les premières Écoles du Dimanche, en Allemagne. En 1826, il posa une demande auprès du Sénat de Brehm pour que l’état prenne part à ce travail d’éducation parmi les enfants pauvres « selon le modèle du pasteur de l’Église saint Georg d’Hambourg . Dans un premier temps, cette demande fut rejetée. Celui que l’on reconnaît être le premier pasteur Baptiste Allemand, était venu à la foi à Londres dans une Eglise Méthodiste.




Les Sociétés d’Ecole du dimanche en Angleterre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 






















Robert Raikes (le jeune)
1736 –1811                 William Fox 1736–1826


Robert Raikes (le jeune), 14 Sept 1736 – 5 Av 1811
L’anglican Robert Raikes (le jeune)
Journaliste/Imprimeur issue d’une famille aisée d’origine Danoise, promoteur des Sociétés d’ED
Robert est l’aîné de 6 enfants (Robert, Mary, William, Thomas, Richard and Charles), Thomas deviendra Gouverneur de la Banque d’Angletere

William Fox, 14 fev 1736 – 31 mars 1826
Le baptiste William Fox Commerçant, issue d’une famille d’agriculteur Le 7 septembre 1785 Structure la société des Ecoles du dimanche



C’est le journaliste-imprimeur Robert Raikes le jeune père de 10 enfants (3 garçons & 7 filles), qui a initié et financé le mouvement que Fox a structuré et qui fut animé par de nombreux laïcs, dont beaucoup de chrétiennes modestes.



L’Angleterre en 1785

L’Angleterre voit sa population doubler au XVIIIe siècle. L’industrialisation provoque un vaste exode rural. Beaucoup vont en ville espérant y trouver du travail ainsi qu’une vie plus confortable qu’à la campagne.
Avec 16h de travail par jour, 6 jours sur 7, et plus que 10h/ jour pour les enfants après la promulgation d’une loi en 1847, la vie n’était pas si idyllique que cela.
Faute d’infrastructures adaptées pour accueillir ce flux de nouveaux citadins, la ville devient pour beaucoup synonyme de misère, dans tous les sens du terme (matérielle, sociale, morale, religieuse…).
Les structures sociales et religieuses dans les villages maintenaient –peut-être artificiellement- mais maintenant un certain équilibre. En ville, la structure familiale est mise à mal, il n’y avait pas d’Eglise dans ces « villes nouvelles », les réformes sociales n’ont pas suivi à temps ou n’ont pas été efficaces. L’ère industrielle demandait aussi à légiférer quant à l’organisation du travail, pour fixer un cadre et régulier pour contrer les excès auquel l’homme centré sur lui-même est naturellement si prompt.

Occasion et but de la création des Ecoles du dimanche
En 1760 suite à une manifestation contre l’augmentation du prix du maïs, de nombreux manifestants sont jetés en prison. Raikes couvre cette actualité dans son journal, ce qui le conduit à découvrir les conditions déplorables dans lesquelles se trouvent les prisonniers. Son action le mènera à proposer des mesures concrètes d’amélioration dont ont pu bénéficier les prisonniers.
Cherchant à embaucher un jardinier, Raikes fut frappé du comportement d’enfants jouant dans le quartier populaire où il s’était rendu. La femme du jardinier de lui dire, alors qu’il s’étonnait du vocabulaire et de l’agressivité de ces jeunes livrés à eux-mêmes : « le dimanche c’est bien pire » le dimanche étant le jour ou les enfants ne travaillaient pas dans la fabrique d’aiguilles.
Il se souvient alors de ce que lui avait raconté bon nombre de prisonniers visités. Les prisons regorgeaient de personnes abandonnées à elles-mêmes très tôt, sans éducation scolaire mais aussi sans valeurs morales ni religieuses transmises par leurs parents ou la famille au sens plus large, la ville ayant distendu les liens.
Pour faire chuter le nombre de nouveau prisonniers, il valait mieux travailler en amont.
Le dimanche étant le seul jour de « libre » pour ces jeunes, c’était le jour tout trouvé pour essayer de les rassembler dans le but de leur donner un peu d’éducation.

Résultats constatés
Le taux de criminalité chuta radicalement dans la ville de Raikes et dans le comté après l’établissement de telles écoles. Un magistrat passa une note unanime de reconnaissance au bénéfice de l’école du dimanche pour la moralité de la jeunesse. En 1792, aucun accusé criminel ne se présenta devant le juge. Dix ans plus tôt, on aurait eu entre 10 et 100 cas. En 1795 on comptait 1 000 Ecoles du dimanche en Angleterre.
En l’espace de deux ans, plusieurs écoles virent le jour dans et autour de Gloucester. Le succès de ces écoles du dimanche fut rapporté dans le journal en 1783, et elles se répandirent à travers tout le pays. John Wesley remarqua : « je vois ces écoles pousser comme des champignons partout où je vais. » En 1788, écrivant  à un ami il dit : « Je pense sincèrement que ces écoles du dimanche sont l’une des démonstrations de charité les plus nobles ayant existé en Angleterre depuis Guillaume le Conquérant » .

Méthode et contenu des premières écoles du dimanche
 Enfants concernés : les 5-14 ans, au tout début seulement les garçons étaient concernés, mais très vite les demandes se faisant présentes, les filles furent aussi admises , mais au plus grand étonnement de plusieurs, les filles étaient beaucoup plus dures que les garçons.
Ils étaient admis, sans tenir compte de l’état de ses vêtements pour peu qu’ils aient un visage propre et qu’ils soient peignés

Encadrement : ce sont des dames de bonne volonté et de bonnes mœurs qui sont recrutées pour 1 shilling et 6 pence/semaines qui avaient charge d’éduquer ces jeunes, dames « recrutées » par le pasteur Thomas Stock, auprès de qui Raikes avait cherché conseil. C’est Raikes qui finance ces premières écoles du dimanche.
Mrs. Meredith a conduit la 1ère école du dimanche dans la cuisine de sa maison, en juillet 1780

Un jeune orphelin, Charles Cox, qui avait 5 ans lorsqu’il a commencé à venir à l’école du dimanche, rapporte à l’âge vénérable de 87 ans : «  je n’ai pas appris grand chose, si ce n’est peut-être de rester assis tranquillement, avec les autres garçons, c’était très difficile d’apprendre quelque chose. C’était une « terrible bande » qui se retrouvait chez mrs Meredith. La pauvre, elle a vraiment eut du fil à retordre avec nous, et a jeté l’éponge rapidement après juste quelques mois ».

Pour justifier le travail le dimanche, dans un contexte puritain et fermé à cela, l’article 4 des statuts  stipule bien l’importance du respect du shabbath, stipulant qu’il est respecté puisque la lecture se fait dans l’AT et le NT !

Raikes publiera cependant par la suite 4 opuscules favorisant l’apprentissage de la lecture, ouvrages qui étaient offerts aux élèves.
Dans le comité, il était prévu qu’il se trouve des membres de l’Eglise d’Angleterre et des membres des Eglises dissidentes. Certains pasteurs baptistes, tout en approuvant cette action exprime leur souhait de voir plus d’enseignement catéchétique et de chants inclus dans les activités.

Premières 3 années : Entre 1780-1783, fonctionnaient 7-8 Ecoles dans la ville de Raikes, chaque classe rassemblait une trentaine de jeunes, encadrées par Mrs. Meredith, Mrs. Critchley, Mr. and Mrs. James King, Mrs. James Bretherton, and Mrs. Lea.

Contenu des leçons :
Les enfants suivaient les cours de 10h à 14h, avec une heure de pause pour le repas qui était offert aux jeunes. Puis on les emmenait à l’église, où on leur enseignait le catéchisme jusqu’à 17h30. On donnait de petites récompenses à ceux qui maîtrisaient leur leçon ou dont le comportement dénotait une amélioration certaine.


En Angleterre, l’Eglise Méthodiste développe de son côté avec les Ecoles du dimanche, différents types de manuels. 

En Angleterre, l’Eglise Méthodiste développe de son côté avec les Ecoles du dimanche, différents types de manuels.
    
 Le caractère de beaucoup d’enfants fut transformé par leur fréquentation de l’école du dimanche. Leurs jurons et leur malhonnêteté furent remplacés par un sens du devoir et un désir de nourrir leur esprit. Le patron d’une manufacture de chanvre et de lin qui employait beaucoup d’enfants, un certain Mr. Church, commenta la transformation des enfants : « Le changement n’aurait pas pu être plus extraordinaire, à mon avis, comme s’ils étaient passés de l’état de loup et de tigres à l’état humain ! »Evaluation comparée à la France et à d’autres paysÀ l’occasion d’un comité de la Société, le 10 oct 1787, 2 ans et 1 mois après ses débuts, l’on comptait :
282 écoles, pour 16 000 enfants, ayant utilisé 20 295 livre d’alphabétisation, 6 217 testaments et 1 141 Bibles. (p.166)

 

Le Baron de Gérando  rapporte ces chiffres :
L’union des écoles du dimanche à Londres, compte pour l’Angleterre :
en 1733 : 11275 écoles du dimanches dirigées par 128 784 instituteurs et fréquentées par 1 158 345 élèves
une enquête parlementaire estime qu’en 1834 :  il y avait 16 828 écoles fréquentées par 1 548 890 élèves.

L’Union Américaine dans un rapport daté du 20 mai 1834 donne ces chiffres
en 1834 on comptait 1 100 sociétés auxiliaires, 10 019 écoles, dirigées par 88 202 instituteurs recevant 590 754 élèves sur une population de 14 897 374 habitants.

Et Gérando  d’ajouter :
« il y a donc proportionnellement deux fois plus d’adolescents qui fréquentent les écoles du dimanche dans ces deux pays, qu’il n’y a en France d’enfants qui suivent les écoles élémentaires….
La France, jusqu’à ce jour, s’est montrée moins disposée à adopter les écoles dominicales, peu empressées même à les connaître. Cependant les départements du Haut et Bas-Rhin et quelques-unes de nos villes, comme Lyon par exemple, les ont imitées, et ont eu lieu de s’en applaudir. D’heureux essais ont été tentés, dans la capitale, pour les adolescents des communions protestantes. On a remarqué que les lieux où il est le plus difficile d’établir des écoles du dimanche sont précisément ceux où leur présence serait le plus utile. L’habitude contractée par les enfants, et originairement encouragées par leurs parens[sic], de passer la journée entière du dimanche dans une dissipation, à laquelle il serait impossible d’arracher les adolescens[sic], ne permet pas, dit-on, de les renfermer dans l’enceinte d’une salle, et de les y occuper de sujets sérieux.
En quelques lieux, pour échapper à cette difficulté, on reçoit les adolescens[sic] pendant les soirées , particulièrement en hiver. On recours aussi aux écoles du soir, comme à une ressources pour procurer le bienfait de l’enseignement élémentaire à des enfans[sic] de 6 à 12 ans, qui, occupés à des travaux manuels, n’auraient pu suivre l’école du jour.
Le 26e Rapport de la Société pour les écoles britanniques et étrangères (Londres, 1834, p.101), chiffre pour les Bermudes à 8 le nombre d’écoles du dimanche, à 30 les instituteurs qui y enseignent les 529 élèves « blancs et noirs,libres et esclaves, adultes ou enfants. » Ce sont essentiellement les méthodistes qui ont développé ces premières écoles aux Bermudes.

Il s’agit donc à cette époque d’éducation populaire visant les jeunes « de la rue », déracinés, sans repères familiaux et religieux, ni grande instruction scolaire de base. A Paris ces écoles touchaient plutôt les adolescents souvent déjà en activité professionnelle, les adultes suivant plutôt les cours du soir à l’enseignement plus adapté aux adultes.
Le but était par l’instruction scolaire et la morale d’éviter à toute une génération de partir à la dérive entraînant avec elle la société où ils évoluaient.


Les Sociétés d’Ecole du dimanche outre Atlantique

Les débuts dès 1669
 
CATHERINE FERGUSON  (1749 (?)—1854)
Fonde en 1793 la première Ecole du Dimanche
à New York    Dès  1669 on trouve des références à une école du dimanche dans la colonie de Plymouth, en 1674 au Massachusetts.
En 1785 William Elliott accueille chez elle un groupe de garçons et de filles blanches pour les instruire dans la Bible. Les enfants des esclaves noirs étaient instruits eux aussi, mais à un autre moment.
La création le 11 janvier 1791 de société d’école du dimanche régionale (First Days School Societe)
Le développement plus large du mouvement date en Amérique du Nord de janvier 1791, où à Philadelphie est institutionnalisée une oeuvre destinée à l’éducation des jeunes filles pauvres de la ville, la "First Day School Society". Plusieurs villes suivent le mouvement.
 
William White    Parmi les fondateurs  de cette société d’Ecole du dimanche : l’évêque Williiam White, Dr Benjamin Rush, Willian Currie les Quaker Joseph Sharpless, Thomas Pym Cope et Thomas Mendenhall ainsi qu’un éditer catholique Matthew Carey.

Des salles ont été louées par société. En mars John Ely ouvrait la première Ecole dont il fut le premier enseignant.
En 9 ans 2 127 enfants ont fréquenté ces écoles. Des milliers de dollars ont été rassemblés pour soutenir l’œuvre.

Création de l’Union Américaine des écoles du dimanche en 1824
 
STEPHEN PAXSON
1837 - 1881    En mai 1824 est constituée  « l’American Sunday School Union ». Cette union souhaitait par son travail coopérer à construire une société différente.

Elle envoya des missionnaires dans les vallées du Mississipi, dont un certain Stephen Paxson, qui avait dénommé son cheval « Robert Raikes » !
Lorsqu’il meurt en 1881, il a fondé 1 314 écoles du dimanche, ou 83 000 élèves étaient rassemblés .
Plusieurs de ces écoles du dimanches ont ensuite mutés en Eglise locale, gardant dans leur organisation l’école du dimanche vue comme action évangélisatrice.

Les conventions nationales à partir de 1832, les internationales à partir de 1872
La première convention eu lieu en 1832 à Philadelphie. 220 délégués représentant 17 états ont eu l’occasion de parler du besoin d’organiser un programme d’enseignement adapté au enfants en bas âge et du besoin de former les moniteurs.
La deuxième s’est aussi tenue à Philadelphie, en 1833.
La troisième s’est tenue 26 ans plus tard, en 1859. Outre les 17 états représentés un visiteur Anglais fut aussi de l’assistance.
Il a fallut attendre 10 ans pour qu’en 1869 se tienne à Newark dans le New Jersey la quatrième convention. Au 526 délégués représentant 28 états, on comptait des visiteurs anglais, canadiens, irlandais, écossais et Sud Africain.
La cinquième convention s’est tenue à Indianapolis en 1872. C’est là qu’un programme d’enseignement commun a été adopté –non sans réticences- pour toutes les écoles du dimanche toutes dénominations confondues.
A compter de 1872, le nombre de délégués étrangers allant croissant, le nom des conventions est changé en « international Sunday School Convention » et la fréquence des rencontres fixée selon un rythme triénal.

A noter que dès 1830  une Association Baptiste de l’Illinois s’est élevée contre le travail des Ecoles du dimanche, (mais aussi les sociétés bibliques et missionnaires) voyant là des œuvres subtiles de l’adversaire venant semer l’ivraie dans l’Eglise.
Cette attitude est selon nous plutôt à interpréter comme une crainte de voir la souveraineté de l’autorité de l’Eglise locale mise à mal par des oeuvres missionnaires interdénominationnelles, qu’une remise en question fondamentale du travail d’éducation auprès des enfants

Il n’en va pas ainsi dans les communautés Darbystes (frères étroits), où les enfants assistent normalement au culte sans que celui-ci soit adapté à leur âge et leurs besoins. Aucune activité n’est généralement offerte en parallèle au culte pour les plus jeunes.
Sauf erreur de notre part, tel est aussi classiquement la tradition dans l’Eglise catholique, où la catéchèse et/où autres activités destinées aux enfants se déroulent à d’autres moments que ceux ou ont lieu les offices religieux.
 
Béthel Sunday Scuol in 1921 (Eglise Méthodiste, Caroline du Sud)    Les Ecoles du Dimanche comme on les désigne aujourd’hui dans les Eglises influencées par les traditions américaines, ED qui regroupent des adultes comme des jeunes par groupe d’âges, sont plus proches des « classes méthodistes » ou du concept de « formation continue» que Nicolas Condorcet  avait mis dans son rapport au sénat du 20/04/1792 lorsqu’il comptait demander la création d’école du dimanche en France pour lutter contre l’analphabétisatime de retour, par là il entendait que l’acquis de l’école primaire peut s’évaporer et replonger dans l’ignorance l’ouvrier accablé par des tâches répété…

L’expression Ecole du dimanche a rapidement traversé la manche, et les communautés chrétiennes pour désigner des activités éducatives pour tout âge et sans distinction de sexe !


Jean-Paul Cook et la société d’école du dimanche en France


Quelques chiffres

Nous relevons les statistiques suivantes de l’article de Gérard Vigner : « Depuis quand enseigne-t-on le français en France ? Du sermo vulgaris à l’enseignement du français langue maternelle »




Gérard Vigner d’ajouter aussi :Sans nous engager dans la restitution d’une évolution longue et complexe, il est bon de rappeler que les petites écoles, jusque dans le premier tiers du XIX e siècle, étaient d’abord des lieux d’instruction religieuse. Elles s’étaient développées à partir de la seconde moitié du XVIIe siècle, dans les suites de la Réforme, soit pour mieux l’asseoir, dans les écoles protestantes, soit pour mieux la combattre, dans les écoles catholiques. L’alphabétisation, dans cette double perspective, répondait à un objectif commun : donner aux enfants la possibilité de mieux ancrer leur foi, soit par la lecture de la Bible, soit par celle des instruments du catéchisme.
Jean-Paul Cook
 
Jean-Paul Cook (1828-1886)
Prédicateur méthodiste     En France , de nombreuses Écoles du Dimanche se développèrent en marge des Églises et des écoles, on en recense près de 130 lors de la fondation de la Société des Écoles du Dimanche (SED), en 1852, par Jean-Paul Cook. Ce jeune évangéliste formé en Suisse et en Grande-Bretagne avait publié dès 1848 une brochure L'histoire et l'organisation d'une École du Dimanche, où aussi bien la pédagogie que le contenu de leur enseignement étaient expliqués ; à partir de 1851, il lançait un journal Le Magasin des Écoles du Dimanche.

La SED (Société des Écoles du dimanche) définit ainsi son objectif : Propager les vérités évangéliques par le moyen des Écoles du Dimanche. Elle s'inscrit dans une perspective missionnaire. Toutes les Églises protestantes sont invitées à entrer dans le mouvement.
La formation repose sur la Bible exclusivement. Les pasteurs sont invités à participer au mouvement mais toujours accompagnés de laïcs.


Les Actes de la deuxième Conférence  de l’Eglise Méthodiste Française (Paris 7-15/09/1853), comptabilise 28 écoles du dimanche dirigées par 148 moniteurs, et contenant 1 462 élèves.

Développement de littérature mais avis partagés sur la SED
Dès ses débuts, la SED  a mis au point un matériel pédagogique  que publie une maison d'édition créée à Paris en 1857.En 1865, La feuille du dimanche pour les enfants est éditée chaque semaine avec un texte biblique, une histoire et parfois une illustration ; en 1888, le journal des Écoles du Dimanche a pris le relais . Les leçons bibliques de 1867 ; puis des images représentant des scènes bibliques des vues lumineuses ainsi qu'un calendrier ont contribué à la modernisation de la pédagogie...

« Néanmoins au synode national des Églises réformées du Havre en 1902, le pasteur Wilfred Monod mit en doute la pédagogie des Écoles du Dimanche, en soulignant qu'un même programme était imposé à toutes les classes d'âge et qu'il ne préparait les enfants, ni à la vie communautaire, ni au culte public. »

École du Dimanche au temple de l'Oratoire (1822), Paris.
Pasteur Frédéric Monod S.H.P.F.

 

 Pour prolonger

L’Ecole du dimanche chez nous : pour quels enfants, par quels enseignants, pourquoi, comment… ?

œuvre sociale de socialisation, d’apprentissage de la morale chrétienne, d’apprentissage ou de perfectionnement de la lecture et de l’explication de textes, d’apprentissage du chant et/ou de la musique, la pratique du sport ?….
œuvre d’instruction religieuse, pour fixer les bases culturelles de connaissances chronologiques des faits relatés dans la Bible
œuvre d’évangélisation pour conduire à la foi personnelle les jeunes et les préparer à assister au culte et à devenir membre de l’Eglise ?

Quels profils de moniteurs pour quels objectifs ?

Quels manuels pour quels objectifs ?

Quels liens avec les autres écoles du dimanche de l’union d’Eglise et/ou des Eglises Protestantes du pays ?

Quels liens ou différences avec le scoutisme, le mouvement des Flambeaux, les « club d’enfants », le catéchisme …

L’Ecole du dimanche est-elle une institution destinée à prévenir certaines formes d’indigences  ?
etc
Quels commentaires nous suggèrent les objectifs de l’Association suisse des Ecoles du dimanche  (ASED) ?
 * Encourager la solidarité entre les enfants d'ici et d'ailleurs.
 * Faire découvrir aux enfants de Suisse et à leurs responsables un peu de la réalité quotidienne des enfants des Eglises défavorisées.
 * Soutenir le travail parmi les enfants dans les Eglises défavorisées.
 * Favoriser les contacts et les échanges entre les organismes nationaux et/ou internationaux dont le but est l'annonce de l'Evangile aux enfants.
 * Développer, encourager, soutenir, financer et suivre des projets dans le cadre du travail parmi les enfants dans les Eglises défavorisées dans différents pays du monde.

Sous le slogan " Des enfants pour des enfants ", l'Association suisse des Ecoles

A suivre...





Par A R - Publié dans : Ecoles du Dimanche
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