Samedi 19 mai 2007
Charles-Haddon Spurgeon
1834-1892

« prince des prédicateurs »


La mise en page illustrée de l'artcle suivra prochainement
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1. La jeunesse de Spurgeon


1.1. Photos de famille

1.2. De 1 à 6 ans : à Stambourne, chez ses grands-parents paternels

Charles-Haddon Spurgeon est l’aîné de 17 enfants.
James, son père, et John, son grand-père paternel, étaient pasteurs. L’un de ses frères le deviendra également. Charles est âgé d’à peine quatorze mois lorsque qu’il est emmené chez ses grands-parents, James et Sarah, auprès desquels il passera ses cinq premières années dans le presbytère de l’Église presbytérienne de Stambourne. Arnold Dallimore (p 4) explique ce départ de Charles chez ses grands-parents par la venue d’un deuxième bébé dans la famille, l’année juste après sa naissance.

Dans son récit autobiographique, Spurgeon parle avec beaucoup de bonheur de ce temps chez ses grands-parents paternels, où il jouit, en plus de toutes les attentions, de l’affection de sa jeune tante de 18 ans, Anne, qui vit encore chez ses parents.
Dallimore décrit ainsi le cadre familial : « Les critères bibliques étaient acceptés avec joie et l’on repoussait promptement toute malhonnêteté ou malice. La famille vivait une vie sérieuse, qu’agrémentaient l’humour et le bonheur : « la piété avec le contentement [qui] est un grand gain » caractérisaient le travail et les loisirs des Spurgeon, tant les jeunes que les moins jeunes ». (p. 6)

Son grand-père, qui a 60 ans, s’attache beaucoup à son petit-fils qui l’accompagne aux réunions à caractère théologique ou qu’il garde auprès de lui lorsque des paroissiens viennent lui demander conseil. Les sujets d’intérêts des aînés vont très tôt l’imprégner. Enfant solitaire, il disparaît de temps à autre pour ne réapparaître que lorsqu’il est rassasié de ses rêveries. Pendant longtemps, nul n’a su où il disparaissait. Ce n’est que très longtemps après qu’il dévoila le mystère de ses cachettes à sa tante : au temps où les feuilles des tilleuls étaient nombreuses, le sacristain les entassait sous un « élevoir », espèce d’escalier près du temple, servant aux dames pour monter plus facilement sur leurs chevaux ; c’est là qu’il se cachait. Et à l’époque ou les feuilles faisaient défaut, c’est un tombeau qui lui servait de refuge, ou plutôt une espèce d’autel qui se trouvait sur une tombe : il se glissait dessous, tirant une sorte de pierre derrière lui. Nul ne risquait d’aller le chercher dans cette espèce de « boîte » (Brunel, p.22)

Il va très vite affectionner la bibliothèque de son grand-père. Avant de savoir lire, ce sont les images du « voyage du pèlerin » de John Bunyan qui le marquent. Un autre livre, populaire à l’époque, l’intéresse aussi beaucoup, c’est le livre illustré libre des martyrs de Foxe. Mais très vite, vers 5-6 ans, il apprend à lire avec sa tante, et lit en public lors des cultes de famille. Dallimore rapporte ce qu’a écrit l’un de ses contemporains : « même à l’âge de six ans, où beaucoup d’enfants ne peuvent épeler que des mots d’une syllabe, il était capable de lire avec une ponctuation et une intonation vraiment merveilleuses chez un enfant si jeune. » (Dallimore, p.7)
Très tôt, il fait sienne l’une des maximes de son grand-père : « Faire toujours ce qu’on croit être bien, sans avoir égard aux opinions d’autrui ». Et Brunel d’ajouter : « Le petit garçon n’arrivera que difficilement à comprendre que l’opinion des parents était une respectable exception à cette règle, et qu’il devait en tenir compte (Brunel, p.23)

À côté de qualités remarquables «  de droiture, de véracité, d’originalité, de bon sens, de dons exceptionnels d’intelligence, de logique et de raison ; à côté de cet amour de la solitude et d’indépendance… il faut aussi enregistrer un tempérament volontaire, ne pliant jamais, ce qui ne fut pas sans causer quelque inquiétude aux parents ». Par exemple, lisant dans l’Apocalypse que les méchants seront jetés dans l’abîme, dans un puits sans fond, Charles s’arrête tout net pour demander à son grand-père où se trouve ce puits. Le grand-père tente de « noyer le poisson », mais le lendemain, Charles choisit le même texte et repose la même question, jusqu’au moment où son grand-père lui promet de lui parler du sujet hors culte de famille ! (Brunel 26 et 27)

Dallimore cite un autre exemple pour souligner la force de caractère du jeune enfant : apprenant que la conduite de l’un des membres de l’Église, qui s’est mis à fréquenter assidûment la taverne locale, attriste son grand-père, il y entre résolûment et affronte cet homme. Ce dernier, Thomas Roads, raconte l’événement de la façon suivante : Quand je pense qu’un vieil homme comme moi a pu être remis à sa place par un petit bonhomme comme ça ! Figurez-vous que le voilà qui pointe son doigt vers moi, et me dit : Que fais-tu ici, assis avec les impies ! Toi qui es membre d’une Église et qui brises le cœur de ton pasteur. J’ai honte pour toi ! Moi, je ne voudrais pas briser le coeur de mon pasteur, c’est sûr. Et là-dessus il s’en va…Je savais que c’était vrai et que j’étais coupable ; alors j’ai rangé ma pipe, je n’ai pas touché à ma bière, mais j’ai couru vers un lieu solitaire, pour me jeter aux pieds du Seigneur, confesser mon péché et implorer son pardon » (Dallimore, p. 7, Brunel, p. 40)

1.3. De 7 ans à 15 ans : à Colchester chez ses parents et à Maidstone chez un oncle
C’est vers l’âge de 7 ans que Charles va rejoindre ses parents, tout en revenant chaque été visiter ses grands-parents.
Entre-temps, John et Eliza Spurgeon, ont déménagé à Colchester. Son père, employé en semaine chez un marchand de charbon, fait fonction de pasteur de l’Église congrégationaliste de Tollesbury, à 15km de chez eux. Un petit frère (James Archer ) et deux petites sœurs (Eliza et Emily) sont venus enrichir le foyer. Par son caractère, Charles s’impose rapidement comme le chef de cette petite tribu.
Les parents scolarisent leurs enfants, ce qui est un privilège particulier. Charles s’avère être un excellent élève sauf… durant une semaine lors d’un hiver rigoureux : car Charles a remarqué que les mauvais élèves jouissent d’une place près du poêle… Quand l’instituteur comprend le stratagème, il met les bons élèves près du poêle, et Charles reprend rapidement la tête de la classe ! (Dallimore, p. 11)
En 1844, Charles a 10 ans. Il est en visite à Stambourne chez ses grands-parents quand un certain pasteur Richard Knill, ancien missionnaire en Inde et en Russie alors en service près de Londres, vient au presbytère pour des conférences missionnaires. Cet homme est très impressionné par Charles et par ses facilités à lire la Bible en public lors des cultes familiaux. Il prend Charles en affection et chaque matin, prend du temps pour lui parler du salut, priant avec ferveur pour sa conversion. À l’occasion d’un culte de famille, l’ancien missionnaire prend l’enfant sur ses genoux et fait ce qui s’avèrera être une inconsciente prophétie prédictive : « Je ne sais comment il se fait, mais j’ai le solennel pressentiment que cet enfant prêchera un jour l’Évangile à des multitudes, et que par la grâce de Dieu, il sera en bénédiction a beaucoup d’âmes. J’en suis tellement certain que je demande à mon petit homme, le jour où il prêchera à « Rowland Hill » d’indiquer comme premier cantique : « God moves in a mysterious way, his wonders to perform » (Dieu travaille de façon mystérieuse, pour l’accomplissement de ses desseins merveilleux) (Brunel, p.43). Rowland Hill Chaêl était alors le plus grand et le plus réputé lieu de culte « dissident », sorte de cathédrale des assemblées non-conformistes d’alors ; y prêcher était un rare privilège.

A 14 ans, Charles est envoyé dans un collège agricole à Maldstone, près de Londres, où son frère James étudie aussi. Doué d’une mémoire exceptionnelle, il parvient à développer une culture livresque étonnante pour quelqu’un de son âge. Les théologiens puritains étaient son sucre d’orge !
Son frère James dit de lui : « Charles ne faisait jamais rien d’autres qu’étudier. Quand je m’occupais de lapins, de poulets, de cochons et d’un cheval, lui se plongeait dans les livres. Tandis que je me mêlais un peu à tout ce qui peut intéresser les garçons, il se rivait aux livres et rien n’aurait pu l’empêcher d’étudier. Mais bien qu’il ne s’intéressât pas aux autres activités, il aurait pu vous en parler en détail, parce qu’il lisait sur tous les sujets avec une mémoire aussi tenace qu’un vice, et aussi remplie qu’un grenier » (Dallimore, p.11)

Cependant, c’est une période rude pour Spurgeon qui passe par une période sombre : la pensée amère du péché l’accable, il n’arrive pas à s’en défaire. A 3 ans déjà, il était marqué par l’image du Pèlerin de Bunyan, chargé de son ballot de péché. Il décrira plus tard son tourment de façon fort imagée : « J’aurais préféré à cette époque être une grenouille ou un crapaud plutôt qu’un homme. J’estime même la créature la plus basse meilleure que moi, car j’avais péché contre le Dieu Tout-Puissant. »( Dallimore, p.17)

2. Conversion, convictions baptistes et premiers pas dans la prédication et le pastorat

La conversion de Spurgeon
À la rentrée 1849, Charles a 15 ans et devient étudiant et répétiteur à Newmarket. En décembre, il rentre chez ses parents à Clochester pour les fêtes de Noël. C’est à cette époque qu’il situe sa conversion :

"Il m'arrive quelquefois de penser que j'aurais pu rester dans l'obscurité et le désespoir jusqu'à aujourd'hui,   si Dieu, dans sa bonté, n'avait envoyé une tempête de neige, un certain dimanche matin, tandis que je me rendais à  un certain lieu de culte. Je bifurquai dans une petite rue obscure, et  entrai dans une petite Église méthodiste. Il y avait dans cette  chapelle peut-être douze ou quinze personnes. J'avais entendu parler  de ces Méthodistes Primitifs, qui chantaient si fort qu'ils vous donnaient mal à la tête. Cela n'avait pas d'importance pour  moi. Je voulais seulement savoir comment je pouvais être sauvé.
Le prédicateur ne put venir ce matin-là, bloqué par la neige, je suppose. Finalement, un homme d'une grande  maigreur, un cordonnier ou un tailleur, ou quelque chose de cette sorte,  monta en chaire pour prêcher. Il faut, bien sûr, que les prédicateurs soient instruits, mais cet homme, lui, était vraiment primaire.  Il ne pouvait pas sortir de son texte pour la simple raison qu'il n'avait pratiquement rien d'autre à dire. Le texte disait: "Regardez à  moi et vous serez sauvés, vous tous qui êtes aux extrémités  de la terre! "(Esaïe 45,22).
Il ne prononçait même pas les mots correctement,  mais cela n'avait pas d'importance. Il me semblait qu'il y avait, dans  ce texte, une lueur d'espoir pour moi.

Le prédicateur improvisé commença ainsi:
"C'est vraiment un texte tout simple. Il dit, "Regardez". C'est  pas trop compliqué de regarder. C'est pas comme de lever le pied  ou le doigt; c'est juste: "Regardez". C'est pas la peine d'avoir fait des  études pour apprendre à regarder. Même si vous êtes le plus grand idiot du monde, vous pouvez regarder. Pas la peine de gagner des millions pour regarder. N'importe qui le peut, même un enfant. Mais voilà que le texte dit, "Regardez à  moi." Hé ! dit-il avec son accent de l'Essex, beaucoup d'entre vous regardez à vous-mêmes. Mais ça sert à rien de regarder là. Vous n’trouverez jamais aucun réconfort en  vous-mêmes. Certains disent « Regardez à Dieu le Père ». Non, regardez à lui plus tard. Jésus-Christ dit, "Regardez  à moi". Certains d'entre vous disent, "Nous devons attendre que  l'Esprit fasse son oeuvre". Vous occupez pas de ça pour l'instant;  regardez à Christ. Le texte dit, "Regardez à moi".
Ce brave homme poursuivit alors de la façon suivante: 
"Regardez à moi! Voyez les grumeaux de sang. Regardez à moi! Je suis pendu au bois. Regardez à moi! Je suis mort, enseveli. Regardez à moi! Je suis ressuscité. Regardez à moi! Je monte au ciel. Regardez à moi! Je suis assis à la droite du Père. Oh! pauvre pécheur, regarde à moi! Regarde à moi! 
Quand il eut réussi à délayer son discours pendant environ dix minutes, il arriva au bout de ses ressources.
M'apercevant alors dans l'assistance, et je dois dire qu'avec si peu de gens dans la salle, il devina aisément que j'étais étranger, et fixant son regard sur moi comme s il connaissait la tragédie de mon coeur, il dit: "Jeune homme, tu as l'air très malheureux". C'était vrai, mais je n'avais pas été habitué jusque-là à ce qu'on me fasse, depuis la chaire,  des remarques sur mon apparence. Quoiqu'il en soit, il s'agissait d'un coup bien envoyé que je reçus en plein coeur. "Et, continua-t-il, tu seras toujours malheureux -malheureux dans la vie, et malheureux dans  la mort -si tu n'obéis pas à mon texte. Mais si tu le fais aujourd'hui, au moment même, tu seras sauvé."
Puis, levant les mains en l'air, il cria comme seul un Méthodiste Primitif pouvait le faire: «Jeune homme, regarde  à Jésus-Christ. Regarde! Regarde! Regarde! Tu n'as rien d'autre  à faire qu'à regarder et vivre !"
Je vis tout de suite le chemin du salut. Je ne sais pas ce qu'il dit ensuite -je n'y prêtais guère attention -tant  j'étais possédé par cette unique pensée. Je m'étais attendu à devoir faire trente-six choses mais, lorsque  j'entendis ce mot, "Regarde !", comme il me parut charmant! Oh ! Je regardai, et je regardai presque jusqu'à en perdre les yeux.
En cet endroit, et à cet instant précis,  le nuage disparut, l'obscurité s'enfuit, et à ce moment-là je vis le soleil. J'aurais pu me lever à l'instant même et  chanter, avec le plus enthousiaste d'entre eux, le précieux sang de Christ et la simple foi qui porte les regards sur lui seul. Oh, si quelqu'un  m'avait dit auparavant: "Confie-toi en Christ, et tu seras sauvé". Pourtant, tout était sans aucun doute sagement ordonné, et je puis le dire maintenant:
"Depuis que par la foi je vis le flot
Qui coule de tes blessures,
Je parle de l'amour rédempteur,
Et j'en parlerai jusqu'à ce que je meure... "


Cet heureux jour où je trouvai le Sauveur et appris à me cramponner à ses pieds adorés, jamais  je ne l'oublierai. J'écoutai la Parole de Dieu, et ce texte précieux me conduisit à la croix de Christ. Je peux affirmer que je connus ce jour-là une joie absolument indescriptible. J'aurais pu sauter,  j'aurais pu danser; aucune extériorisation, même fanatique, n'aurait pu dépasser la joie de ce moment-là. Depuis, mon  expérience chrétienne s'étale sur de nombreuses années, mais pas un seul jour ne m'a donné la plénitude de joie, le délice étincelant, de ce premier jour.
J'aurais pu sauter de mon siège et crier avec  le plus fanatique de ces frères méthodistes: "Je suis pardonné!  Je suis pardonné! Quel monument de grâce! Un pécheur  sauvé par le sang !" Mon esprit vit ses chaînes brisées  en mille morceaux. Je me sentis une âme affranchie, un héritier  du ciel, pardonné, accepté en Jésus-Christ, arraché de la fosse de destruction et du bourbier, mes pieds ancrés sur  un roc et mon devenir bien établi.
Dans les deux heures entre mon entrée dans ce  temple et mon retour à la maison, quel changement s'était  produit en moi! En regardant simplement vers Jésus, j'avais été  délivré du désespoir et amené dans une telle  joie que lorsque la famille me vit rentrer, ils me dirent: "Quelque chose  de merveilleux t'est arrivé", et je brûlais de tout leur raconter. Oh! quelle joie ce jour-là chez nous, quand tous entendirent que  le fils aîné avait trouvé le Sauveur et se savait pardonné  !"

La conversion de Spurgeon fut le grand tournant de sa  vie. II était véritablement "une nouvelle création".  Ce terrible fardeau oppressant qui, si longtemps, avait pesé sur lui, avait disparu, et maintenant, tout était nouveau devant lui.
La souffrance par laquelle il passa eut, toutefois, un effet durable sur lui. Une prise de conscience de l'extrême horreur du péché s'enracina profondément dans son esprit  et lui fit haïr l'iniquité et aimer de tout son coeur la sainteté. L'incapacité des prédicateurs qu'il avait entendus à présenter l'Évangile, et cela d'une manière simple et directe, le poussa durant tout son ministère à expliquer aux pécheurs, dans chaque sermon, et de la manière la plus directe et la plus compréhensible possible, comment être sauvé (Dallimore p. 18, Brunel p. 54, , http://www.croixsens.net/meditations/spurgeon.php).


2.1. Le témoignage chrétien et le baptême
Dès son retour à Newmarquert, la foi de Spurgeon va se développer.
Il se joint d’abord à une Église presbytérienne, où deux services particuliers lui tiennent à cœur :
- les visites le dimanche après-midi, de 33 à 70 par dimanche !
- la diffusion de traités qu’il met sous enveloppe afin de les donner de façon ciblée et nominative.

Une cuisinière du collège lui fait office de professeur de théologie « Bien des fois, ensemble, nous avons parlé de l’alliance de grâce, de l’élection personnelle des saints, de leur union au Christ, de leur persévérance et de ce qu’il faut entendre par la sainteté de la vie » (Brunel, p.57)

La question du baptême le travaille aussi. Il a été baptisé comme nourrisson dans l’Église presbytérienne, mais à 16 ans, il prend conscience que le baptême chrétien est un signe qui fait suite à la conversion, le croyant témoignant de sa foi en passant par les eaux du baptême.
Mais comment avoir l’assentiment de son père ? Pour son grand-père, c’est plus simple : l’amitié qui le lie à son petit-fils l’amènerait presque à tout lui accorder. Son père résiste d’abord, puis s’étant assuré que son Fils dissocie pleinement le salut du baptême, il consent à lui donner son accord.

« À sa mère qui lui disait : j’ai souvent demandé à Dieu qu’Il te sauve, mais jamais que tu deviennes baptiste », le jeune garçon répondit : ‘Et Dieu a exaucé ta prière avec sa bonté habituelle, et il t’a donné plus que tu ne lui demandais. » (Brunel, p.58, Dallimore, p.26).
Aussitôt l’accord de ses parents reçu, Charles va trouver le pasteur baptiste Cantlow à Iseham, à douze km de Newmarket, et le baptême a lieu le 3 mai 1850, dans la rivière Lark (Brunel, p.60, Dallimore, p.26).
Charles s’implique ensuite de plus en plus dans les classes d’école du dimanche.

2.2. Première prédication à 16 ans
Charles continue ses études à Cambridge où il arrive l’été 1850. Il se rattache à l’Église baptiste de la rue Saint- André et devient membre de « l’association des prédicateurs laïques » fondée par Robert Hill. (Brunel, p.66). C’est dans cette structure qu’il fait ses premiers pas de prédicateurs.
A l’Église, Spurgeon est surpris, personne ne lui adresse la parole dans la chapelle. Un dimanche, après le service de Sainte Cène, Charles prend les devants et s’adresse à son voisin :« J’espère que vous vous portez bien Monsieur » . Et son voisin de répondre : « Je ne vous connais pas Monsieur ». Spurgeon rétorque, étonné : « Pourtant nous sommes frères ; lorsque j’ai pris le pain et le vin, symboles de notre fraternité en Christ, je l’ai fait avec sincérité. Et vous ? ». L’échange se poursuit alors autour d’un thé : une profonde amitié vient de naître.

M. Vinter, ancien de l’Église, remarque bien vite le potentiel de Spurgeon. Il lui demande donc, un samedi soir, d’accompagner un autre membre de l’Église « peu habitué à la prédication » le dimanche, au village de Teversham. En route, Spurgeon dit à celui qu’il accompagne qu’il prie pour que Dieu bénisse sa prédication… et, oh ! surprise, son compagnon lui répond : « Je n’ai jamais rien fait de pareil dans ma vie ! C’est toi qui dois prêcher ! Je suis venu pour t’accompagner. » Quand Spurgeon lui explique qu’il n’a lui-même jamais prêché, l’autre lui conseille de reprendre un sujet qu’il a déjà enseigné à l’École du dimanche.
Charles utilise le reste du voyage à se remémorer une étude déjà apportée et comprend de quel stratagème Vinet a usé pour le pousser à se « lancer » malgré son jeune âge, pas tout à fait 16 ans ! (Dallimore, p.33)
Le culte se déroule dans une chaumière où se sont réuni les fermiers et leurs épouses. C’est en constatant qu’il n’y a personne pour nourrir les fidèles réunis, que Spurgeon se jette à l’eau : sa prédication sur 1 Pi.2.7  suscite l’intérêt, porte du fruit, et il est lui-même  surpris par son éloquence et l’à propos de son message.

Tout en donnant des leçons particulières, le jeune étudiant en théologie va ensuite régulièrement dans l’un des treize villages visités par les prédicateurs de l’Église et prêche, tantôt « dans la cuisine d’une ferme, dans une chaumière ou une grange ! ». Ses études nourrissent sa prédication et il médite beaucoup en chemin, ayant chaque soir de longues heures de marche pour rejoindre son lieu de prédication.


2.3. Jeune pasteur à Waterbeach, de 1851 à 1853
En octobre 1851, Spurgeon a 17ans, et l’Église baptiste de Waterbeach lui demande non seulement de revenir prêcher, mais de devenir leur pasteur. Quelques temps après, il décide de démissionner de son poste de précepteur pour devenir le pasteur de cette Église, tout en continuant à vivre à Cambridge et à visiter d’autres lieux de culte. Il restera pasteur de cette paroisse pendant deux ans, jusqu’en novembre 1853.

L’Eglise compte une quarantaine de membres à son arrivée. Sa réputation se fait vite dans le village et aux alentours. L’assistance au culte grandit jusqu’à atteindre 400 personnes et plus : on laisse alors les portes et les fenêtres ouvertes pour que tous puissent entendre, tous ne pouvant entrer dans le temple. (Dallimore, p.35).
Ses messages sont travaillés, rédigés, et quand il prêche, il a devant lui deux ou trois pages de notes. De cette époque, il subsiste plus de 200 sermons sous forme de notes.
En plus de la prédication, Spurgeon visite les familles : il connaît bien vite le nom de chacun des membres et sait mettre chacun devant l’oeuvre accomplie par Christ pour lui.

Le père de Charles, devant les aptitudes de son fils, l’encourage à s’inscrire à l’École baptiste de Stepney. Charles prend rendez-vous avec le directeur, qu’il attend deux heures dans la pièce où un domestique l’a introduit. Mais le directeur, qui l’attend dans une autre pièce de l’autre côté de la maison, finit par s’impatienter et part car il a un train à prendre. Suite à ce malheureux incident, Charles, sur le chemin du retour, décide de ne pas s’inscrire dans cette école.

Son jeune âge est l’occasion de bien des brimades, mais il ne se laisse jamais démonter !
Il quitte Waterbeach pour l’Église baptiste de New Park Strett, à Londres, où son ministère de prédication aux foules commence.


à suivre
Par A R - Publié dans : Biographies
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