Les origines des Ecoles du Dimanche, Hare Lane, Gloucester 1780Ouvrages principaux utilisés
POWER John Carroll, The Rise and Progress of Sunday Schools; a Biography of Robert Raikes and William Fox, New York, Sheldon & Company., 1863, 294p.
FERGUSON, John, Christianity society and education, Robert Raikes, past, present and futur, Londres, SPCK, 1981, 214p
HARRIS J. Henry, Robert Raikes- The Man who founded the Sunday school, Londres, the national sunday school union, 1900, 142p.
Le Siècle « des lumières » : quelques Jalons pour rappels
Philosophie
1734 Voltaire (1694-1778) écrit « Lettres philosophiques »
1748 Montesquieu (1689-1755) écrit « De l’Esprit des lois »
1751-1772 « L’Encyclopédie » (Le Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers) est rédigée ss dir de Denis Diderot et Jn le Rond d’Alembert
1762 J.-J. Rousseau (1712-1778) écrit « Du contrat social » et « l’Emile »
1781 Emmanuel Kant (1724-1804) écrit « la Critique de la raison pure »
Techniques1698, Thomas Savery dépose un brevet sur une pompe destinée à l'exploitation minière, il la perfectionne en collaboration avec Thomas Newcomen (baptisé le 24 février 1664 à Dartmouth (Devon, Angleterre), décédé le 5 août 1729, était forgeron, plombier, et étameur par tradition, et pasteur baptiste par vocation), grâce entre autres, aux travaux du Français Denis Papin.
1712 Un premier modèle de la « machine Newcomen » est commercialisé et est utilisé dans les mines de charbon, près de Dudley, dans le centre de l'Angleterre
1730-1803 Première révolution
industrielle : métallurgie et textile1765 Hargreaves conçoit la première machine à filer
1769 Richard Arkwright invente une machine à tisser
1773 John Kay invente la navette volante
1779 Samuel Cromton perfectionne la machine à tisser
1782 James Watt perfectionne sa machine à vapeur
1785 Cartwright invente le premier métier à tisser mécanique
1804 premier test d’une locomotive à vapeur, en Angleterre par Richard Trevithick et atteint la vitesse de 8 km/h
Les Réveils Protestants
>1415 Jean Huss (1635-1705) Moraves 1700-1760 Conte de Zinzendorf
Piétisme Philippe Jacob Spener (1635-1705)1609 Baptisme J Smyth (1570-1612)
1702 guerre des Camisards
1738 Méthodisme J Wesley 1703-1791
1793 William Carrey (1761-1834) part au Bengal début des « missions modernes »
1825 Darbystes Cronin à Dublin, 1828, J N Darby (1800-1882)
1848 Frères larges à Bristol Newton & G Muller
1878 Armée du salut William Booth (1829-1912)
Situation Socio-Politique
1638 Roger Williams (1603-1683) fonde Rhode Island, Séparation Eglise/Etat
1649 Le roi Jacques 1er est exécuté en Angleterre persécute les non-anglicans
1653 Cromwell (puritain) dirige l’Angleterre
1660-1685 rétablissement de la monarchie avec Charles II, exclut tous les non-anglicans des emplois d’Etat
1665-1666 incendie + peste à Londres
1685-1688 Jacques II tente de restaurer le catholicisme puis fuit en France
fin de la dynastie des Stuart.
Au XVIIIe l’Angleterre voit sa population doubler, les campagnes se vident, les villes ou les entreprises se créées offrent du travail nouveau
1700-1833 « Commerce d’esclaves noirs »
1776 (4 juillet) déclaration d’indépendance des Etats Unis d’Amérique
1789 Révolution française
1793 Louis XVI est guillotiné
The Bloudy Tenent of Persecution, for Cause of Conscience (1644).
The book was a dialog between Truth and Peace.
www.ronaldbrucemeyer.com/
Education
1614 Les frères Moraves, Jan Amos Comenius
(1592-1670) Pasteur ayant étudié la théologie à Heidelberg, s’exile de Bohème en Hollande.1538 L’Ecole Alsacienne, Jean Sturm (1597-1589)
1540 Collèges Jésuites
1684 Les frères des Ecoles chrétiennes J.-Baptiste de la Salle
1762 « l’Emile » J.-J. Rousseau (1712-1778)
>1767 J F Oberlin (1740-1826)
>1769 Johann Heinrich Pestalozzi (1746-1827)
En 1860, en Angleterre, l’Education Act rend l’école obligatoire jusqu’à 11 ans
En 1881/2 les lois Ferry organisent l’école obligatoire en France pour les enfants de 6 à 13 ans, avant lui :
1833 La loi Guizot oblige les communes de >100 habitants à ouvrir une école de garçons et de payer un instituteur
1850 la loi Falloux contribue à organiser des académies par département et fixe un cadre pour l’enseignement catholique.
1832 pour les Etats Unis
L’influence du protestantisme dans les réflexions sur l’éducation « laïque »
Liens entre l’action sociale d’éducation populaire et l’instruction religieuse
À la fin du XIXe Ferdinand Buisson écrit dans le Dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire : « « aujourd'hui la plupart des principes pédagogiques proclamés par les Protestants sont devenus comme la propriété générale des peuples civilisés ». » Mais si de façon générale on trouve plusieurs protestants engagés dans l’éducation, peu nombreux sont ceux qui se réclament pleinement de la ligne évangélique classique comme nous l’entendons aujourd’hui. C’est plutôt le travail des humanistes et des idées qui prévalent plus librement tout au long du siècle des lumières qui influencent ces pédagogues-Protestants.
Parmi les œuvres développées particulièrement par les Protestants, l’école du dimanche est une de celles qui a eu le plus d’impact au sein des Eglises et bien au-delà. En Angleterre, en 1831, après 46 ans d’existence, l’œuvre touchait hebdomadairement 1,25 million d’enfants, soit ¼ de la population d’alors.
En France, aujourd’hui, elle concerne essentiellement les jeunes enfants des membres de l’Eglise et vise à les fonder dans une connaissance systématique des récits bibliques, pour preuve le contenu de la littérature produite à l’endroit des « moniteurs » et des « élèves ».
Si parfois les termes « école du dimanche » et « catéchisme » sont utilisés de façon synonymique dans bon nombre d’Eglises évangéliques, ce n’est pas toujours le cas ailleurs : parfois le catéchisme désigne plus spécifiquement l’instruction religieuse suivie en semaine par des adolescents des familles de l’Eglise, jeunes qui participent le dimanche et qui dans les Eglises Luthériennes et Réformées sont ainsi préparés à la « confirmation ».
Ailleurs l’instruction catéchétique désigne plutôt l’enseignement des fondements de la doctrine et de l’éthique chrétienne auprès de nouveaux croyants candidats au baptême ou cherchant à être mieux fondés dans l’enseignement biblique avant de devenir membre d’une Eglise locale.
Le concept de société d’école du dimanche, inventé par Robert Raikes avec l’appui du Rev Thomas Stock de la paroisse d’Ashbury mis en œuvre structuré par Williams Fox Nicolas (il créé en 1785 la London Sunday School Society ) a été vite repris au-delà du cadre des Eglises.
Johann Gerhard Oncken, le premier baptiste allemand, qui fonda en 1823 la première école du dimanche en Allemagne et posa une demande auprès du Sénat de Brehm en 1826 pour que l’état prenne part à ce travail de scolarisation, demande qui fut dans un premier temps rejetée.
En 1871, dans le cadre de l’UCJG, Ruben Saillens s’implique dans la création « d’école du dimanche » dans la région Lyonnaise. Fin 1872, ces écoles touchaient plus de 600 enfants de 7
à 15 ans « presque tous venant de familles de libres penseurs »« Aussi, nos écoles du dimanche étaient bien différentes de celles d’aujourd’hui. Les deux sexes avaient des locaux à part : nous, jeunes gens, donnions à nos garçons des leçons de lecture, d’écriture, de calcul, pendant une heure. Nous consacrions les heures suivantes à une instruction religieuse basée sur le Nouveau Testament… les jeunes filles chrétiennes, stimulées par l’exemple de leurs frères, fondèrent à leur tour des écoles semblables pour les filles. » Durant sa formation à l’institut de M. Guinness, Saillens entrant en contact avec les enfants des rues de Londres rapporte : « Le Dr Barnardo m’a donné dernièrement une place de moniteur dans ses Ecoles du Dimanche. Je croyais nos gamins bien mauvais et nos écoles bien mal organisées, mais ce n’est rien en comparaison de l’East End Juvenile Mission. Le docteur racontait l’autre jour qu’à ses débuts, les élèves l’avaient jeté par la fenêtre. Dimanche dernier, il s’en est fallu de peu que les gamins ne nous en fissent autant. »
Le mouvement des « Ragged Schools », qu’à l’époque de Ruben Saillens on nommait « Ecoles déguenillées » ont été l’initiative en 1818 de John Pounds , cordonnier de Portsmouth.
Ces écoles étaient "prévues pour instruire les enfants indigents et pour les sauver du vagabondage et du crime » .
Elles faisaient fonction de foyer d’accueil, assistant de façon plus large les jeunes indigents souvent déjà délinquants ou en devenir .
Plutôt que la répression et la prison pour ces jeunes, ces œuvres visaient la prévention , en donnant aux jeunes un minimum d’éducation, les nourrissant et les habillant, pour leur permettre de s’insérer dans la société.
Thomas Guthrie (1803-1873) a poursuivi et développé ce travail
L’union des « Ragged School » est crée en 1844 par Lord Shaftesbury.
Camberwell Ragged School Union Dinner, 1901. © Peter
Lambeth Ragged School, 1846.
Vers la sécularisation des principes de Raikes et Fox
Le Baron de Gérando, en 1839 présente ainsi la fonction des Ecoles du
dimanche en France :L’heureuse idée d’instituer les écoles du dimanche a été conçue dans la vue de continuer ainsi, pour l’enfance et l’adolescence, une protection sage et éclairée, aussi longtemps qu’elle est nécessaire, pour conserver, développer et faire fructifier les semences que les premiers enseignements de l’école pnt déposé dans le cœur et l’esprit des enfants. Le dimanche, les enfants au dessus de douze ans, qui ont déjà quitté l’école ordinaire, se réunissent après l’office divin ; ils chantent en commun des hymnes, font des lectures dans les livres saints, répètent ou récitent certaines leçons ou certains traits d’histoire, exécutent quelques compositions écrites, quelques opérations de calcul. On leur remet quelques sujets ou problèmes qu’ils emportent chez eux, pour les étudier ou les résoudre : on saisit cette occasion pour étendre leurs connaissances sur des objets d’une utilité générale pour leur donner de sages conseils, pour avoir avec eux des entretiens paternels. On les détourne par là des plaisirs grossiers qui pourraient les entraîner et leur faire contracter de bonne heure des habitudes vicieuses. L’Instituteur préside à ces réunions et ne peut s’y faire suppléer. Quelquefois ces réunions sont suivies de promenades, d’exercices où l’instruction se réunit encore à l’amusement et se déguise sous les formes de la gaîté.
En France, Condorcet avait mis dans son rapport au sénat du 20/04/1792 lorsqu’il comptait demander la création d’école du dimanche en France pour lutter contre l’analphabétisatime de retour, par là il entendait que l’acquis de l’école primaire peut s’évaporer et replonger dans l’ignorance l’ouvrier accablé par des tâches répétée…
On a retrouvé dans les archives du département de la police Russe, une lettre « strictement confidentielle » datée du 18 mars 1805 adressée par le Ministre de l’Intérieur Dournovo à Pobiédonostev, Procureur général du Saint Synode de l’Eglise Orthodoxe d’alors, témoignant de l’existence à cette époque d’école du dimanche en Russie.
« Il lui écrivait au sujet des écoles du dimanche. On lit dans cette lettre : " Il résulte des renseignements qui nous sont parvenus au cours de ces dernières années que des personnes politiquement suspectes, ainsi qu'une partie de la jeunesse étudiante d'une certaine tendance, cherchent, comme aux années 60, à entrer dans les écoles du dimanche en qualité d'instituteurs, de conférenciers, de bibliothécaires, etc. Ce désir systématique, qui n'est pas même justifié par la recherche de moyens d'existence, puisque le travail dans ces écoles n'est pas rémunéré, prouve qu'il s'agit là, pour les éléments antigouvernementaux, d'un moyen de lutter sur le terrain légal contre le régime et l'ordre social existant en Russie. »
Dès 1892, une alternative au travail de Raikes s’est développée ; les premières « Ecoles du Dimanche socialistes » « Socialist Sunday school » sont créées en Angleterre par Mary Gray (1854-1941). En 20 ans s’étaient développées quelques 120 écoles de ce type, valorisant les idéaux socialistes non-chrétiens auprès des jeunes.
En 1894, une autre école de dimanche de socialiste a été créée par le syndicaliste Tom Anderson.
Le décalogue des » « Socialist Sunday school », exclut toute référence à la foi en Dieu. Centré sur l’être humain, vu de façon très optimiste, il vise un monde de paix et de justice dont le moteur est la raison et le travail des hommes et des femmes, ce qui selon cette approche les rendra libres et fera d’eux « des frères et des sœurs ».
1. Tu aimeras tes camarades de classe, qui seront tes camarades ouvriers dans la vie.
2. Tu aimeras l’étude, qui est la nourriture de l'esprit : tu seras reconnaissant envers ton professeur comme à tes parents.
3. Fais chaque jour saint, par de bons et utiles contrats et de bonnes actions.
4. Tu honoreras les hommes de biens, tu seras courtois et respectueux à l’égard de tous les hommes.
5. Tu détesteras de parler mal des autres. Tu ne te vengeras pas mais tu seras prèt à tenir bon pour la justice et résister à l’opposition.
6. Tu ne seras pas lâche. Tu seras un ami pour le faible et tu aimeras la justice.
7. Tu te rappelleras que toutes les bonnes choses de la terre sont produites par le travail. Celui qui les apprécie sans travailler vole le pain des ouvriers.
8. Tu observeras et réfléchiras pour découvrir la vérité. Tu ne croiras pas ce qui est contraire à la raison et tu ne tromperas jamais toi-même ou les autres
9. Tu ne dois pas penser qu’aimer ton propre pays signifie détester les autres nations, et souhaiter la guerre, qui est un reste de barbarie.
10. Tu dois regarder en avant attendant le jour où tous les hommes et les femmes seront les citoyens libres d'une patrie et vivront ensemble comme frères et soeurs dans la paix et la droiture.
L’UCJG-YACM, autre mouvement d’origine Protestante à l’évolution plus sociale que professante
Cinquante-Neuf ans après la création des premières Sociétés d’école du
dimanche, un mouvement tel que l’UCJG-YACM (Union Chrétienne des Jeunes Gens - Young Men's Christian Association), créé le 6 juin 1844 par Georges Williams (1870-1942), face aussi aux besoins
sociaux engendrés par la nouvelle donne socio-économique qui présida à un vaste exode rural vers les villes anglaise, avec toutes les pertes de repères des rythmes agricoles, des principes
religieux et de structures familiales qui s’en suivirent, est aujourd’hui largement sécularisé, alors qu’il n’en était pas à l’origine de mouvement créé par des protestants associant à leur
foi l’action sociale.Williams créé en 1844 les YMCM « avec une dizaine d’autres jeunes qui, à l'origine, se réunissaient pour méditer et pour prier, car il étaient tous des chrétiens engagés. Mais très vite ils dépassèrent le domaine spirituel pour s'engager concrètement dans l'assistance mutuelle des plus démunis dont ils faisaient partie. »
Le premier texte de référence la Base de Paris de 1855, dit expressément : «
Les Unions Chrétiennes de Jeunes Gens ont pour but de réunir les jeunes gens qui, regardent Jésus-Christ comme leur Sauveur et leur Dieu selon les Saintes Ecritures, veulent être ses
disciples dans leur foi et dans leur vie et travailler ensemble et étendre parmi les jeunes gens le règne de leur Maître".Nulle divergence d'opinion, si grave qu'elle puisse être, mais portant sur un sujet étranger au but précédemment établi ne devra rompre l'harmonie dans les rapports fraternels entre les mouvements membres de l'Alliance Universelle »
Le dernier texte en date Le défi 21 de 1998 réaffirme la Base de Paris et porte au nombre des défis pour le troisième milinaire en tout premier lieu « Porter la bonne nouvelle de Jésus Christ et travailler à l'épanouissement, de la personne sur les plans spirituel, intellectuel et physique, ainsi que de la communauté dans sa totalité»
La Déclaration de Mombasa en 1988 affirme de son côté « Les UCJG ont un message chrétien et une vision chrétienne. Le message c'est Jésus-Christ. Convaincues qu'en Lui se trouve plénitude de vie, les UCJG veulent faire entendre à tous les hommes l'appel de Jésus à le suivre… C'est le souhait des UCJG que chaque point de son programme contribue à cette fin. »
La Charte de Bec Hellouin en 1977 assigne aux unités « - témoignent d'une recherche spirituelle, à la fois personnelle et communautaire et, au travers de lectures différentes de la Bible et de la vie, reconnaissent Jésus, le Christ, comme source de vie, interpellation de l'homme et transformation de ce monde, »
Dans les autres textes, si la foi au sein l’UCJG reste une notion présente, elle est moins la conséquence de convictions que le Créateur ne puisse être ignoré dans toute action qui touche à sa créature que parce que l’UCJG « estime que la spiritualité ne peut pas être ignorée dans un monde où plus de deux milliards de personnes pratiquent une religion. » Dans sa présentation du protestantisme et de ses différentes tendances, les responsables de l’UCJG en définissant une secte comme étant : « un groupement religieux qui n'admet en son sein que les convaincus et qui prend ses distances par rapport à la société environnante » par méconnaissance exclut toutes les Eglises dites de Professants, dont pourtant plusieurs sont membres de la Fédération Protestante de France.
Les Principes de Kampala en 1973, tout en réaffirmant la Base de Paris a tenu à marquer dans cette charte une référence explicite à toutes les religions « La Base de Paris reconnaît que Christ est le centre du mouvement, conçu comme une fraternité mondiale unissant les chrétiens de toutes confessions. Elle est compatible avec une attitude ouverte à l'égard de la question des membres qui permet d'accueillir chacun sans tenir compte de sa religion, de son âge, de son sexe, de sa race ou de ses convictions sociales. »
L’accent sur l’éducation populaire chez les Protestants
Si, avec les Jésuites au 16e siècle le catholicisme « démocratise » l’éducation jusque-là dispensée dans les monastères, il n’en reste pas moins un enseignement élitiste dirigé par des ecclésiastiques.
Martin Luther et Philippe Melanchthon
Avant eux déjà, les protestants ont été très actifs dans la promotion de
l’éducation visant l’ensemble du peuple déjà en traduisant la Bible dans les langues régionales.En rendant accessible à tous à la Bible, Luther va favoriser l’apprentissage de la lecture et faire œuvre de linguiste en fixant la langue allemande. Mais le Protestantisme insiste plus sur l’importance de l’éducation « laïc » pour toute la population.
« Luther voulait voir se multiplier les maîtres d'école autant que les pasteurs, afin que les chrétiens, désormais alphabétisés, puissent accéder directement aux Saintes Écritures »
« La prospérité d’une cité, écrit Luther, réside surtout dans l’éducation de citoyens instruits, raisonnables, honnêtes »… ». Si on emploie tant d’argent pour acheter des machines de guerre… pourquoi n’en emploierait-on pas autant pour nourrir des maîtres d’écoles… capables d’élever et d’instruire notre jeunesse ?
Quand il n’y aurait ni âme, ni ciel, ni enfer, encore serait-il nécessaire d’avoir des écoles ici-bas… afin que l’homme devienne capable d’exercer convenablement sa profession et la femme de diriger son ménage et d’élever chrétiennement ses enfants. » Et Luther s’adresse aux politiques : « C’est à vous, Seigneurs, de prendre cette ouvre en main. »… Aidé de Mélanchton, Luther organisa les écoles de Saxe et de Thuringue…. »
Martin Bucer
En 1538 Martin Bucer appelle de ses vœux la création du Gymnase dont Jean Sturm sera le premier recteur.
Bucer rédige 2 catéchismes.
Jean Calvin
Dès son arrivée à Genève, Calvin rend obligatoire l’instruction publique, les garçons comme les filles sont au bénéfice de la gratuité de l’enseignement primaire.
En créant l’Académie de Genève en 1559, lieu de formation des pasteurs français aux XVIe siècle et XVIIe siècle et en nommant Théodore de Bèze comme son premier recteur, Calvin montre son souci de la formation académique des ministres du culte. En outre son catéchisme fera référence pendant plus d’un siècle.
Quelques figures protestantes marquantes dans le monde de l’éducation
Jan Amos Comenius (1592-1670)Jan Amos Comenius Tchèque dans la ligne de Jean Huss et des frères Moraves, il étudie la théologie à Heidelberg, et est consacré au ministère pastoral en 1616.
On lui attribue souvent le titre de fondateur de la pédagogie moderne et le surnom de Galilée de l’éducation.
Jean Sturm (1597-1589)Jean Sturm est formé à l’université de Louvain et au Collège de France, il est appelé à Strasbourg ou il crée en 1538 le Gymnase Protestant, école élitiste à ses débuts.
J. G. Stuber (1722-1797)
Le pasteur Stuber avait composé un alphabet méthodique qu’Oberlin a repris et qui est un mélange des méthodes globale et syllabique, ce qui est très moderne. L’idée de Stuber comme d’Oberlin est que c’est l’instruction qui est à la base des progrès spirituels, intellectuels et matériels. Stuber organise une bibliothèque de prêt qu’Oberlin va développer. On a toujours le fichier des prêts.
J F Oberlin
(1740-1826)1767 J F Oberlin (1740-1826) , s’inspire de la pédagogie des frères moraves, connaît les écrits de Pestalozzi, de Comenius et l’Emile de Rousseau. Oberlin et sa servante Louise Scheppler comptent parmi les pionniers des écoles maternelles et des jardins d’enfants. Ils organisent les « poêles à tricoter » dirigés par des « conductrices de la tendre enfance » .
1769 Johann Heinrich Pestalozzi (1746-1827)il s'est acquis une réputation européenne par ses travaux pour l'amélioration de l'éducation populaire . D’origine italienne, il est citoyen suisse. Son père médecin chirurgien meurt alors que Pestalozzi a 5 ans. Il est éduqué par sa mère dans des conditions difficiles. Il suit son grand-père pasteur dans ses tournées et sera interpelé par la misère du peuple.
Il s’est engagé dans des études de droit, de philosophie, de théologie, d’humanité et d’agriculture. Disciple de Comenius (1592–1670) et de Rousseau, il tentera de mettre en pratique L’Emile tout au long de sa vie. Il écrit : Léonard et Gertrude (1783), Christophe et Else (1782), la Gazette suisse pour le peuple (1782-1783), Sur la législation de l'infanticide (1783), Recherche sur la marche de la nature dans le développement du genre humain, Comment Gertrude instruit ses enfants (Berne, 1801), le Livre des mères (1803) traduit en français (1821), Méthode intuitive des rapports des nombres (1804),
Vue sur les objets auxquels la législation de l'Helvétie doit principalement avoir égard (Berne, 1802).
Ferdinand
Buisson (1841-1932)Issu d'un milieu revivaliste, il évolue vers le christianisme libéral.
Il est nommé en 1896 titulaire de la chaire de pédagogie de la Sorbonne.
Reçoit en 1927 le prix Nobel de la Paix, et distribue cette récompense à ses « fils adoptifs », les instituteurs de France, afin qu'ils puissent travailler au rapprochement des peuples par l'éducation des enfants.
Ce confident parmi les plus intimes de Jules Ferry a élaboré « tous les projets de lois, tous les règlements, toutes les circulaires » de cette réforme. Il fonde la Revue pédagogique, le Musée pédagogique et obtient la création des ENS de Saint Cloud et de Fontenay-aux-Roses, dont la mission à l'époque est de former les maîtres des Écoles normales d'instituteurs. Il dirige la publication d'un vaste Dictionnaire de pédagogie et d'instruction primaire où l'on peut lire : « aujourd'hui la plupart des principes pédagogiques proclamés par les Protestants sont devenus comme la propriété générale des peuples civilisés »
Madame Jules Favre (1834-1896)
Madame Jules Favre, première directrice de l‘Ecole de Sèvres.
Fille d'un pasteur alsacien, Julie Velten (1834-1896) a d'abord oeuvré dans un pensionnat évangélique, à Paris puis Versailles. Cette pédagogue dans l'âme épouse en 1874 le grand républicain Jules Favre ; veuve en 1880, elle accepte la direction de l'Ecole normale de l'enseignement secondaire des jeunes filles, dite de Sèvres. Tout est à inventer dans cette institution dont la République attend beaucoup. Mme Jules Favre lui donne une organisation, un corps professoral d'excellence, mais aussi une âme. Elle exerce notamment son influence par les "Bonsoirs", rendez-vous quotidiens proposés aux sévriennes. Sa pensée s'est nourrie de la fréquentation des auteurs religieux et philosophiques. Elle a publié plusieurs "Morales" (de Montaigne, Socrate ou des Stoïciens) qui lui ont valu une réputation bien au-delà de l'Ecole de Sèvres
Jean-Jacques Rousseau (1712-1778)Jean-Jacques Rousseau a été élevé dans la tradition protestante influencée en particulier par son oncle Jacques Bernard, pasteur. Sa famille, d'origine française, s'était exilée à Genève en 1549 à cause de la persécution religieuse. Abandonné à 10 ans par son père, il connaît, livré à lui-même, une enfance, une éducation et des débuts difficiles.
Il passe deux années chez le pasteur Lambercier à Bossey (au pied du Salève au sud de Genève).
Jean-Jacques Rousseau quitte la Genève protestante à seize ans en 1728. C'est le curé de Confignon, Benoît de Pontverre, qui l'adresse à une catholique récemment convertie d'Annecy, Madame la baronne de Warens. Celle-ci l'envoie à Turin où il est contraint à se convertir au catholicisme le 23 avril pour pouvoir s’établir et étudier en France.
On attribue généralement à Robert Raikes le jeune, d’avoir été à l’initiative d’un grand mouvement d’éducation populaire parmi les enfants : les sociétés d’Ecole du dimanche créées en 1785 en Angleterre, et à William fox le baptiste d’en avoir été la principale cheville ouvrière.
Mouvements précurseurs
Cependant, ce mouvement ne vient pas de nulle part !... nous avons vu que déjà en 1767, Jn-F Oberlin avait créé l’ancêtre des écoles maternelles, développé une bibliothèque de prêt… au Ban de la Roche, mais les influences remontent plus loin.
Pour ce qui est des Ecoles du dimanche, elles ont été développées selon le modèle pratiqué dans la tradition juive, ou il existait des écoles du samedi .
Les
Ecoles du shabbathÉcoles du Shabbath préparaient le chemin pour le Messie. Il s’agissait à la fois d’école ou les jeunes Juifs apprenaient à lire l’hébreu, mais aussi de lieu d’apprentissage des fondements de la foi et des pratiques religieuses juives.
La distinction entre éducation laïque et religieuse n’est devenue chose courante qu’à partir du XIXe . Précédemment, l’enseignement des jeunes Juifs relevait de l’apprentissage de l’hébreu, de la torah, de la Mishna, du Talmud et autres écrits religieux.
C’est à la fin du XVIIIe que les choses commencent à changer. La première école libre est fondée à Berlin en 1778 par David Friedländer « Chevrat Chinuch Ne’arim » créant des livres scolaires et traduisant en Allemand les recueils de prières juives pour les jeunes gens Non-juifs.
David Friedländer (6dec 1750 à Königsberg en Prusse-25 dec 1834 à Berlin). Entrepreneur travaillant dans la soie et écrivain il a travaillé à l’émancipation des Juifs Berlinois
Précurseurs de l’Ecole du dimanche au sein de la chrétienté
En 1584, Charles Borromeo (1538-1584), Archiprêtre de Milan, participe au concile de Trente, rédige un catéchisme en 1566 et organise une première Ecole
du Dimanche dans la Cathédrale de Milan, puis après dans tout le diocèse jusqu’à toucher une bonne partie de la Lombardy.En 1688, le pasteur Joseph Alleine institue une école du dimanche en lien avec l’Eglise de Tauntou en Angleterre.
En 1767, c’est Jn-F Oberlin qui fait tout un travail d’éducation à Walderbach en France.
En 1769, Hannah Ball [selon méthodiste ou presbytérienne], établit une ED à Wycombe en Angleterre, cette école fut un instrument privilégié pour permettre à de nombreux enfants de connaître des Ecritures.
En 1773, un notable nommé Kindermaun, fonde une ED en Bohème (Tchécoslovaquie).
Dès 1781 on trouve des ED en Amérique du Nord. John Robinson organise une ED dans le Massachusetts en lien avec les Eglises.
En 1740, John Wesley institue à son tour des ED.
Autour des années 1740 les baptistes allemands dits du septième jour, sous la direction de Ludwig Strecker développent des ED à Ephrata, Lancaster, en Pennsylvanie.
Le Pasteur John Douglas écrit dans the United Presbyterian Quarterly Review, Pittsburg, Pa.Juin & Oct 1861, citant le Free Church Magazine (Scotland) de 1844, que déjà John Knox avait institué les ED.
Cependant, « l’ère » des sociétés d’ED commence avec Raikes, en 1781 ou 1782 à Gloucester en Angleterre.
C’est un mouvement beaucoup plus large ; géographiquement mais aussi de par l’interdénominationnalité du mouvement qui va se déployer pour rassembler des jeunes issus de familles de l’Eglise et des jeunes sans instruction religieuse et souvent sans grande instruction reçu au sein des familles.
L’initiative que va développer Raikes auprès des enfants ne part ni d’une vision mystique d’un appel qui le frappe soudainement comme un éclair, ni même d’un profond intérêt toujours nourri pour les enfants.
L’événement qui va déclencher en cascade différentes initiatives est autre, et c’est en prison qu’il faut aller la chercher !
(avec la permission du Glenbow Museum/NA-1639-1).
à suivre...
Ruben Saillens
1.1. Premières tentatives en France à partir de 1787 et
figure fondatrice discutée.